Kyoto : Le Pavillon d'Or, Ryoan-ji et les Sanctuaires Zen de Kinukake
Du Reliquaire Doré d'Ashikaga Yoshimitsu aux Quinze Pierres du Jardin Sec
Kyoto · 11 stops · 27 min audio · Generated
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1. Kinkaku-ji : Le Reliquaire d'Or Étincelant sur l'Étang Miroir
1 Kinkakujicho, Kita Ward, Kyoto 603-8361, Japon
Avancez le long de la berge de gravier blanc et découvrez avec émerveillement la vision éblouissante du Pavillon d'Or se reflétant sur les eaux calmes de l'étang Kyokochi. Les deux étages supérieurs de ce chef-d'œuvre architectural sont entièrement recouverts de feuilles d'or pur étincelant sous la lumière du matin. Au sommet du toit en bardeaux d'écorce de cyprès, un phénix chinois en bronze doré déploie ses ailes vers le ciel d'azur. La forêt de pins noirs environnante et les îlots rocheux disséminés sur le lac forment un écrin naturel paradisiaque qui semble tout droit sorti d'une peinture zen ancienne.
Cette villa somptueuse fut aménagée à la fin du quatorzième siècle par le troisième shogun Ashikaga Yoshimitsu pour servir de palais de retraite et de centre politique prestigieux. À sa mort en quatorze cent huit, le complexe fut transformé en temple zen de la secte Rinzai sous le nom officiel de Rokuon-ji, conformément aux dernières volontés du chef militaire. Autour de l'étang sacré, les îlots rocheux sculptés par les maîtres jardiniers représentent la grue et la tortue célestes, emblèmes taoïstes de longévité millénaire qui complètent le paysage spirituel avec une majesté éternelle.
Le pavillon combine trois styles architecturaux distincts avec une harmonie géniale: le rez-de-chaussée adopte le style Shinden de l'aristocratie Heian, le premier étage incarne le style guerrier Buke des samouraïs, et l'étage supérieur couronne l'édifice selon le style zen Karayo chinois. L'or étincelant qui recouvre les façades symbolise la pureté absolue de la Terre Pure bouddhique.
Tragiquement incendié en dix-neuf cent cinquante par un jeune novice tourmenté, un drame qui inspira le célèbre roman de Yukio Mishima, le pavillon a été méticuleusement reconstruit à l'identique en dix-neuf cent cinquante-cinq selon les plans anciens médiévaux.
Suivez le chemin dallé contournant l'étang pour grimper vers le pavillon de thé rustique de Sekkatei.
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2. Pavillon Sekkatei et Étang Anmintaku : Le Refuge du Soir et la Source Pure
1 Kinkakujicho, Kita Ward, Kyoto 603-8361, Japon
Montez l'escalier rustique taillé dans le flanc de colline et découvrez le modeste pavillon de thé Sekkatei perché au milieu des érables et des bambous. Son nom poétique signifie la Chaumière de la Beauté du Soir, car il fut spécialement orienté pour contempler le reflet doré du Kinkaku-ji scintillant sous les derniers feux du soleil couchant. Le bâtiment arbore un toit de chaume épais et un célèbre pilier de soutien d'angle taillé dans un tronc d'arbre nandina tordu, symbole de raffinement wabi-sabi. En contrebas repose le petit étang Anmintaku, alimenté par une source naturelle qui ne tarit jamais.
Au centre de l'étang Anmintaku s'élève une pagode en pierre sculptée à cinq niveaux érigée sur un minuscule monticule. Cette stèle funéraire est dédiée à Hakuja, le Serpent Blanc sacré, esprit protecteur des eaux et de la famille aristocratique Saionji qui possédait ce domaine boisé avant son acquisition par le shogun Yoshimitsu. Les piliers en cèdre brut et les lattes de bambou patinées par les décennies incarnent l'art de la sobriété poétique, où chaque détail architectural invite le buveur de thé à contempler la beauté fugitive des saisons montagnardes.
Le pavillon de thé Sekkatei fut commandé au début de l'époque d'Edo par le grand maître paysagiste Kanamori Sowa pour accueillir l'empereur retiré Go-Mizunoo. Sowa y mit en œuvre les préceptes d'une rusticité aristocratique épurée, où chaque nœud du bois et chaque irrégularité de la charpente invitent à apprécier l'impermanence des choses terrestres.
Près de la source, regardez la pierre plate appelée Fudo-ishi: les pèlerins y jettent de petites pièces de monnaie en formulant des vœux de santé, le son cristallin du métal ricochant sur la roche résonnant sous les pins.
Sortez de l'enceinte de Kinkaku-ji et empruntez vers l'ouest la route patrimoniale bordée d'arbres de Kinukake-no-Michi.
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3. Kinukake-no-Michi : La Route du Cèdre Drapée de Soie Blanche
Kinugasa, Kita Ward, Kyoto 603-8372, Japon
Engagez-vous sur la large promenade arborée de Kinukake-no-Michi qui serpente gracieusement au pied du mont Kinugasa. Bordée de hauts cèdres du Japon, de cerisiers sauvages et de lanternes en fonte traditionnelles, cette chaussée historique relie les trois grands temples classés au patrimoine mondial du nord-ouest de Kyoto: Kinkaku-ji, Ryoan-ji et Ninna-ji. L'air pur descendant des massifs montagneux procure une agréable sensation d'évasion, à l'écart de l'agitation du centre urbain. De discrets ateliers d'artisans laqueurs et de maîtres potiers jalonnent cette voie ombragée depuis plusieurs siècles.
Le nom poétique de Kinukake-no-Michi signifie littéralement la Route Drapée de Soie. La légende raconte qu'au neuvième siècle, l'empereur Uda exprima en plein cœur d'un été caniculaire le désir de contempler un paysage de montagne enneigé. Pour complaire au souverain, les courtisans firent recouvrir la montagne entière de milliers de rouleaux de soie blanche immaculée. Le tracé pavé de cette route historique épouse la topographie sinueuse des contreforts boisés, offrant aux marcheurs des échappées visuelles saisissantes sur les toitures patinées des vieux quartiers septentrionaux de l'ancienne capitale impériale.
Longue de près de deux kilomètres et demi, cette artère a été foulée au fil des âges par des générations d'empereurs en retraite, de généraux samouraïs et d'artistes majeurs de l'école de peinture nihonga, trouvant dans la sérénité des collines de Kinugasa leur principale source d'inspiration plastique et poétique.
Écoutez le bruissement doux des feuilles de camphrier sous la brise de montagne: le mont Kinugasa a conservé son couvert forestier sauvage primitif, abritant des chevreuils et des faisans dorés à deux pas des sanctuaires urbains. Le sentier historique offre une vue splendide sur les pentes boisées qui changent de parure au fil des quatre saisons.
Poursuivez votre marche vers l'ouest le long de la colline pour atteindre le musée avant-gardiste de Domoto Insho.
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4. Musée Domoto Insho : L'Art Moderne et les Vitraux au Pied de Kinugasa
26-3 Hirano Kamiyanagicho, Kita Ward, Kyoto 603-8355, Japon
Faites une halte devant l'étonnante façade blanche sculptée du Musée Domoto Insho, dont l'architecture audacieuse tranche avec les temples de bois séculaires voisins. Conçu par le grand maître peintre Domoto Insho lui-même en dix-neuf cent soixante-six, l'édifice est une œuvre d'art totale où chaque détail décoratif, des bas-reliefs extérieurs géométriques jusqu'aux poignées de porte en bronze forgé, reflète la créativité visionnaire de l'artiste. Des vitraux colorés abstraits tamisent la lumière matinale à l'intérieur du hall, créant une atmosphère lumineuse féerique qui dialogue avec les collines verdoyantes environnantes.
Domoto Insho fut l'une des figures majeures de la peinture japonaise moderne Nihonga du vingtième siècle. Lauréat de l'Ordre de la Culture impériale, il commença sa carrière par des paravents bouddhiques classiques d'un réalisme prodigieux, avant d'opérer après la Seconde Guerre mondiale une révolution stylistique spectaculaire vers l'abstraction la plus libre. L'artiste conçut lui-même chaque ferronnerie, chaque meuble d'accueil et chaque applique murale en céramique émaillée, créant un dialogue visuel captivant entre la ferveur plastique occidentale et l'épure méditative de la tradition picturale japonaise.
Insho est particulièrement célèbre pour avoir réalisé d'immenses peintures murales et des portes coulissantes fusuma pour plus d'une vingtaine de temples prestigieux de Kyoto, dont le sanctuaire de Shitennoji et les salles monastiques de Toji, prouvant que l'art bouddhique traditionnel pouvait s'ouvrir à l'avant-garde internationale sans perdre sa spiritualité.
Observez les luminaires et les sièges du hall d'accueil: Insho a dessiné personnellement chaque meuble, tapis et luminaire en céramique pour concevoir un espace d'immersion plastique absolue. Les galeries lumineuses du musée présentent des esquisses préparatoires, des vitraux novateurs et des céramiques audacieuses illustrant la liberté créative absolue et l'éclectisme visionnaire du maître japonais.
Reprenez Kinukake-no-Michi vers l'ouest pour pénétrer dans le domaine sacré de l'étang aux nénuphars de Ryoan-ji.
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5. Étang Kyoyochi de Ryoan-ji : Le Lac aux Nénuphars des Nobles Heian
13 Ryoanji Goryonoshitacho, Ukyo Ward, Kyoto 616-8001, Japon
Pénétrez sous la porte d'entrée de Ryoan-ji et découvrez le grand étang Kyoyochi, dont les eaux calmes s'étendent sur plusieurs hectares au cœur d'un parc boisé somptueux. De larges tapis de nénuphars d'eau et de canards mandarins colorent la surface où se mirent de vénérables cerisiers pleureurs et des conifères centenaires. Au milieu de la nappe d'eau émergent deux îlots rocheux pittoresques, Benten-jima et Fuyo-to, reliés par de discrets ponts de pierre voûtés. Bien avant que Ryoan-ji ne devienne le temple zen le plus célèbre du monde pour son jardin minéral, cet étang constituait l'attraction poétique suprême du domaine.
Ce vaste bassin aquatique a été creusé au douzième siècle durant la période Heian par le clan noble des Tokudaiji, qui possédait ici une somptueuse résidence de campagne. Les aristocrates y canotaient sur des barques d'apparat au son de la flûte traversière en composant des vers sur les reflets de la lune et la floraison des iris sauvages. Les berges sinueuses plantées d'iris pourpres et de saules pleureurs servaient de décor privilégié aux joutes de poésie impériale, où les nobles de la cour Heian célébraient la lune d'automne en dégustant des coupes de vin de prune parfumé.
Sur l'île de Benten-jima se dresse un sanctuaire shinto rustique dédié à Benzaiten, déesse bouddhique et shinto de la musique, des arts et de l'éloquence. Près de l'autel repose une pagode en pierre sculptée à trois étages d'époque Kamakura, entourée de cerisiers qui s'effeuillent doucement au printemps sur les eaux calmes.
La rumeur veut que durant l'ère Edo, les nénuphars de l'étang étaient tellement renommés à travers tout le Japon que les visiteurs affluaient par milliers pour admirer le lac bien avant d'aller contempler le jardin de pierres.
Montez l'allée ombragée de grands cèdres vers le bâtiment du Hojo pour contempler le célèbre jardin de pierres de Ryoan-ji.
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6. Jardin de Pierres de Ryoan-ji : L'Énigme des Quinze Rochers et le Vide Zen
13 Ryoanji Goryonoshitacho, Ukyo Ward, Kyoto 616-8001, Japon
Déchaussez-vous pour vous asseoir sur la véranda en bois patiné du Hojo de Ryoan-ji et plongez votre regard dans le jardin sec le plus célèbre et énigmatique de toute l'histoire humaine. Dans un rectangle de gravier blanc immaculé de vingt-cinq mètres sur dix s'ordonnent quinze rochers bruts entourés de couronnes de mousse sombre, répartis en cinq groupes distincts. Derrière ce paysage dépouillé s'élève un mur de terre séculaire aux teintes d'ambre et de suie huilée, dont la patine millénaire réchauffe la composition minérale. Le silence qui règne sur cette cour suspend le cours du temps et convie l'observateur au vertige de la méditation métaphysique.
Créé vers quatorze cent cinquante lors de la fondation du monastère par le général Hosokawa Katsumoto, ce jardin de kare-sansui ne comporte aucun végétal autre que la fine mousse ceignant les pierres. Les grains de granit blanc sont peignés en sillons rectilignes parallèles par les moines, évoquant l'océan infini de la conscience cosmique. Les pierres de basalte sombre semblent émerger de l'océan de sable blanc comme des îlots spirituels guidant la conscience humaine vers le silence intérieur.
La disposition des quinze pierres dissimule un mystère spatial fascinant: quel que soit l'angle depuis lequel vous contemplez la composition sur la véranda, il est impossible d'apercevoir les quinze rochers simultanément; un bloc reste invariablement masqué par un autre. Dans la pensée bouddhique, le chiffre quinze symbolise la perfection absolue: seul l'être ayant atteint l'éveil spirituel complet est capable de contempler mentalement le quinzième rocher invisible.
Derrière le pavillon Hojo, admirez le célèbre bassin de purification en pierre Tsukubai offert par Tokugawa Mitsukuni: son inscription en quatre kanjis entourant la cuve carrée se lit 'Ware tada taru o shiru': 'J'apprends seulement à me suffire de ce que j'ai'.
Quittez le monastère de Ryoan-ji par la porte Sanmon et descendez l'avenue ombragée en direction de Ninna-ji.
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7. Porte Sanmon de Ryoan-ji : Les Allées de Cèdres et l'Héritage Hosokawa
13 Ryoanji Goryonoshitacho, Ukyo Ward, Kyoto 616-8001, Japon
Arrêtez-vous sous la robuste toiture en bois de la porte Sanmon de Ryoan-ji, dont les montants en cèdre massif délimitent la frontière sacrée entre le monde profane et le sanctuaire zen. Le porche rustique s'ouvre sur une longue allée pavée de dalles de granit rectilignes, bordée d'un double alignement de cryptomérias du Japon géants qui s'élancent vers le ciel. L'air y est imprégné d'une senteur boisée de résine et d'aiguilles de pin humides. Le murmure d'un ruisseau canalisé longe la chaussée, créant une musique fluide et apaisante qui accompagne chaque pas sous la voûte d'ombre et de lumière.
La porte et le complexe monastique furent incendiés pendant la dévastatrice guerre d'Onin au quinzième siècle, qui réduisit la quasi-totalité de Kyoto en cendres. Le fils du fondateur, Hosokawa Masamoto, entreprit la reconstruction complète du sanctuaire dès quatorze cent quatre-vingt-huit, redonnant à Ryoan-ji son aura de haut lieu du zen Rinzai. L'allée centrale pavée de granit gris est encadrée par de hauts talus recouverts de fougères et de mousses indigènes séculaires, où l'écho des ruisseaux de source crée un murmure perpétuel qui purifie l'esprit avant la méditation du jardin sec.
Les allées latérales abritent plusieurs tombes et stèles commémoratives de grands seigneurs de guerre de l'époque Sengoku. Les samouraïs venaient chercher auprès des maîtres de Ryoan-ji la force intérieure d'affronter le trépas sur les champs de bataille avec sérénité, considérant la discipline du détachement zen comme le pilier de la voie du guerrier bushi.
Remarquez les petites mousses veloutées qui tapissent les murets de pierre entourant l'allée: les moines nettoient ce chemin de pierre plusieurs fois par jour à l'aide de balais de paille pour maintenir une propreté monastique exemplaire.
Poursuivez votre route vers le sud-ouest le long de Kinukake-no-Michi vers l'imposante pagode d'Omuro à Ninna-ji.
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8. Pagode d'Omuro et Verger de Cerisiers Nains de Ninna-ji
33 Omuro Ouchi, Ukyo Ward, Kyoto 616-8092, Japon
Avancez au cœur du verger sacré de Ninna-ji et levez les yeux vers la spectaculaire Pagode à cinq étages d'Omuro, dont les toits étagés en bardeaux de cyprès s'élèvent majestueusement à trente-trois mètres de hauteur. Érigée en seize cent quarante-quatre à l'époque d'Edo par le troisième shogun Tokugawa Iemitsu, cette pagode d'un équilibre parfait est désignée Bien Culturel Important du Japon. Tout autour de vous s'étend une forêt unique d'environ deux cents cerisiers nains Omuro Zakura, dont les troncs trapus et noueux ne dépassent guère deux mètres de haut, formant un labyrinthe végétal enchanteur d'une rare poésie.
Les cerisiers Omuro Zakura constituent la floraison la plus tardive de tout Kyoto, s'épanouissant à la mi-avril lorsque tous les autres cerisiers de la cité impériale ont déjà perdu leurs fleurs. Un vieux proverbe de Kyoto loue cette floraison tardive comme la dernière fête du printemps pour les retardataires. Les branches basses des cerisiers en fleurs créent un dais végétal féerique d'une blancheur nacrée, permettant aux amateurs de contemplation florale d'admirer les corolles doubles à hauteur de regard avec la pagode majestueuse en arrière-plan.
En raison du sous-sol argileux très compact qui empêche les racines de s'enfoncer en profondeur, ces cerisiers ont développé une stature basse tout à fait singulière. Les branches fleuries se déploient au niveau du visage des promeneurs, permettant d'admirer les corolles doubles blanches et rosées de tout près, avec la haute silhouette de la pagode se dressant à l'arrière-plan.
La pagode conserve au centre de sa structure un gigantesque mât central suspendu en cèdre, garantissant sa stabilité remarquable face aux secousses sismiques qui ont frappé la région depuis le dix-septième siècle. Les visiteurs aiment flâner sous cette voûte de fleurs parfumées qui constitue l'ultime réjouissance florale du calendrier printanier de Kyoto.
Traversez la cour sablée vers le sud pour franchir la monumentale porte des gardiens Niomon de Ninna-ji.
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9. Porte Niomon de Ninna-ji : Le Portail Colossal des Empereurs Retirés
33 Omuro Ouchi, Ukyo Ward, Kyoto 616-8092, Japon
Dressez-vous devant la monumentale Porte Niomon de Ninna-ji, un colosse de charpente en bois s'élevant à près de dix-neuf mètres de hauteur face à la ville. Construite au début du dix-septième siècle à l'époque d'Edo, cette entrée grandiose figure parmi les trois plus grandes portes Sanmon de Kyoto, aux côtés de celles de Nanzen-ji et Chion-in. Dans les deux alcôves latérales grillagées veillent d'imposantes statues de guerriers divins Nio de plus de trois mètres de haut, sculptées avec une vigueur anatomique saisissante. Leurs muscles bandés, leurs yeux exorbités et leurs armes brandies repoussent toute énergie néfaste hors de l'enclos sacré.
Ninna-ji est le plus prestigieux des temples de statut Monzeki de Kyoto, une catégorie spéciale de monastères dont les abbés supérieurs étaient traditionnellement choisis exclusivement parmi les fils de la famille impériale. Fondé en huit cent quatre-vingt-huit par l'empereur Uda, le temple servit de résidence royale d'abdication au souverain, qui y devint le premier moine impérial de l'histoire du Japon. Les chapiteaux massifs en bois sculpté et les linteaux monumentaux témoignent de l'autorité royale de cette abbaye impériale, dont la splendeur cérémonielle égalait celle du grand palais impérial de l'ancienne capitale Heian-kyo.
Contrairement aux portes de temples zen dont le deuxième étage est souvent en retrait, la porte Niomon de Ninna-ji adopte la structure noble du style Wayo japonais classique, avec des auvents massifs et des chapiteaux de bois non peint qui soulignent la dignité palatiale impériale du domaine royal d'Omuro.
Regardez le blason impérial aux seize pétales de chrysanthème doré ornant les linteaux supérieurs: il rappelle que ce sanctuaire bénéficiait d'un statut diplomatique et cérémoniel équivalent à celui du palais impérial de Kyoto.
Marchez vers le sud-est à travers les ruelles résidentielles calmes vers les jardins secrets de Taizo-in.
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10. Temple Taizo-in : L'Énigme du Poisson-Chat et les Jardins d'Ombre et de Lumière
35 Myoshinjicho, Ukyo Ward, Kyoto 616-8035, Japon
Pénétrez dans l'enceinte paisible de Taizo-in, le plus célèbre des quarante-six sous-temples du vaste monastère de Myoshin-ji. Le clapotis délicat d'une fontaine de pierre koto-kake suikinkutsu résonne sous vos pas, produisant des notes musicales métalliques d'une pureté cristalline semblables à une cithare japonaise. Devant vous se déploie le splendide jardin moderne Yoko-en, aménagé dans les années mille neuf cent soixante par le paysagiste Kinsaku Nakane. Deux jardins secs jumeaux en sable blanc et noir s'opposent avec harmonie, incarnant les principes complémentaires du Yin et du Yang sous des cascades de cerisiers pleureurs.
Fondé en quatorze cent quatre par le maître zen Muin Soin, Taizo-in conserve un trésor artistique national inestimable: le rouleau peint Hyo-nen-zu, exécuté vers quatorze cent treize par le moine peintre Josetsu sur ordre du shogun Ashikaga Yoshimochi, considéré comme le point de départ de la peinture de paysage à l'encre suiboku-ga au Japon. Les parterres de gravier blanc et de galets noirs symbolisent l'éternelle alternance de la clarté et de l'obscurité cosmique, tandis que les ruisseaux de montagne murmurent doucement sous les ponts de pierre reliant les pavillons de contemplation.
Ce rouleau illustre un célèbre koan zen philosophique: 'Comment attraper un poisson-chat glissant à l'aide d'une calebasse ronde et lisse ?' Trente et un éminents moines bouddhistes de Kyoto ont calligraphié leurs réponses poétiques et paradoxales au-dessus de la peinture, invitant à transcender la logique rationnelle pour toucher à l'illumination spontanée.
Penchez-vous au-dessus du suikinkutsu en bambou creux près du salon de thé: l'écho magique des gouttes d'eau résonnant dans la jarre de céramique enterrée procure un instant d'apaisement absolu à l'âme. Le murmure des cascades artificielles apporte une fraîcheur bienvenue lors des chaudes journées d'été sous les ombrages du jardin.
Traversez les coursives monastiques pavées de galets vers le gigantesque hall central Hatto de Myoshin-ji.
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11. Hatto de Myoshin-ji : Le Dragon aux Huit Directions de Kano Tanyu
1 Myoshinjicho, Ukyo Ward, Kyoto 616-8035, Japon
Concluez votre grand périple au cœur de la monumentale salle de prédication Hatto de Myoshin-ji, le plus grand complexe monastique zen de tout le Japon, comprenant plus de quarante sous-temples répartis sur un immense domaine pavé. Pénétrez sous la charpente titanesque en bois de cyprès brut et levez la tête vers la voûte du plafond circulaire. Une fresque colossale peinte à l'encre de Chine et pigments minéraux s'étend sur plus de douze mètres de diamètre: le Dragon du Dharma, peint en seize cent cinquante-six par le maître incontesté de l'école Kano, Kano Tanyu. La créature mythique tourbillonne au milieu d'un maelström de nuages sombres, ses griffes acérées prêtes à surgir du ciel.
Ce dragon est universellement surnommé Happo Nirami no Ryu, le Dragon qui regarde dans les huit directions. Grâce à une maîtrise prodigieuse de la perspective courbe et du raccourci optique, où que vous vous déplaciez sur le sol dallé de la nef, le regard perçant du dragon semble converger directement vers vos yeux avec une intensité vivante, symbolisant l'omniprésence bienveillante et vigilante de la loi bouddhique.
Myoshin-ji a été fondé en treize cent trente-sept par l'empereur Hanazono après son abdication. Le monastère est devenu le siège suprême de la branche Myoshin-ji de l'école zen Rinzai, fédérant aujourd'hui plus de trois mille quatre cents temples à travers tout l'archipel nippon.
Dans le beffroi voisin est suspendue la cloche en bronze d'Oshikicho, fondue en six cent quatre-vingt-dix-huit: c'est la plus ancienne cloche en bronze datée subsistant au Japon, dont le timbre d'une pureté inaltérée résonne depuis plus de treize siècles. Les moines de Myoshin-ji font sonner cette cloche légendaire lors des aubes d'hiver, répandant une onde sonore grave et profonde qui résonne dans tout le nord de Kyoto.
Contemplez le regard perçant du dragon céleste et méditez sur votre traversée du nord-ouest de Kyoto, où les reflets d'or, la méditation des rochers zen et la ferveur des maîtres d'autrefois éclairent d'une sagesse éternelle les collines de Kinukake.