La Domus Aurea, le palais d'or de Néron
Why is it significant?
Te voilà dans les allées du Colle Oppio, entre les pins parasols, les bancs et les joueurs de cartes du quartier. Autour de toi se dressent de grands pans de brique: ce sont les restes des thermes de Trajan.
Key Facts
| Place | La Domus Aurea, le palais d'or de Néron |
|---|---|
| Address | Via della Domus Aurea, 00184 Roma RM, Italy |
| Geo Coordinates | 41.89240, 12.49570 |
| Part of Walk | La Rome des Césars : visite de la Rome antique, du Colisée au Capitole |
| Generated | Generated |
Te voilà dans les allées du Colle Oppio, entre les pins parasols, les bancs et les joueurs de cartes du quartier. Autour de toi se dressent de grands pans de brique: ce sont les restes des thermes de Trajan. Mais sous tes pieds, sous l'herbe et les racines, dort quelque chose de bien plus extravagant... le palais de Néron.
En juillet 64, un incendie ravage Rome pendant des jours. Néron profite des ruines pour se tailler un domaine inouï en plein cœur de la ville: la Domus Aurea, la Maison dorée. Des pavillons, des vignes, des bois peuplés d'animaux, et ce fameux lac à la place du futur Colisée. Dans le vestibule, une statue de bronze de l'empereur haute d'une trentaine de mètres. L'historien Suétone raconte qu'une fois installé, Néron aurait soupiré qu'il était enfin logé comme un être humain.
Suétone parle aussi d'une salle à manger ronde qui tournait sur elle-même, jour et nuit, comme la voûte du ciel. Pendant des siècles, on a pris ça pour une exagération de chroniqueur. Et puis, en 2009, des archéologues ont dégagé sur le Palatin les fondations d'une grande structure circulaire, avec un mécanisme qui pourrait bien être celui-là. Les plafonds, eux, étaient rehaussés d'or, d'ivoire et de nacre.
Néron se donne la mort en 68, et ses successeurs s'empressent d'effacer son souvenir. On vide le lac, on bâtit le Colisée, et Trajan fait remplir les salles du palais de terre pour poser ses thermes par-dessus. Ironie de l'histoire: c'est cet enterrement qui a sauvé les fresques, à l'abri de la lumière et de la pluie pendant près de mille quatre cents ans.
Vers la fin du XVe siècle, des Romains se glissent par des trous dans ce qu'ils prennent pour des grottes. Raphaël et d'autres jeunes artistes y descendent à la lueur des torches pour copier ces peintures de guirlandes, de monstres et de créatures fantastiques. On les appelle les grotesques, les peintures des grottes... et c'est de là que vient notre mot grotesque. Redescends maintenant vers le sud, jusqu'à la via di San Giovanni in Laterano, où une petite arène de brique apparaît en contrebas de la rue.