Rudolfinum : la maison de la Philharmonie tchèque

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Sur la place Jan Palach, face à la rivière, se dresse un palais tout en balustrades et en colonnes, avec une rangée de statues de compositeurs alignées sur le toit. C'est le Rudolfinum, la maison de la musique de Prague.

Key Facts

PlaceRudolfinum : la maison de la Philharmonie tchèque
AddressAlšovo nábř. 79/12, 110 00 Praha 1, Czechia
Geo Coordinates50.08990, 14.41550
Part of WalkPrague, de l'Horloge au Golem : Vieille Ville et quartier juif de Josefov
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Sur la place Jan Palach, face à la rivière, se dresse un palais tout en balustrades et en colonnes, avec une rangée de statues de compositeurs alignées sur le toit. C'est le Rudolfinum, la maison de la musique de Prague.

Il est inauguré en 1885 et baptisé en l'honneur du prince héritier Rodolphe de Habsbourg, le fils de l'empereur François-Joseph et de Sissi. Quatre ans plus tard, ce même Rodolphe mourra à Mayerling, dans un drame resté mystérieux. À l'intérieur, la salle Dvořák, toute d'or et de velours, compte parmi les plus belles salles de concert d'Europe. Le 4 janvier 1896, Antonín Dvořák en personne y dirige le premier concert de l'Orchestre philharmonique tchèque.

Le bâtiment a eu une seconde vie, plus inattendue. Après 1918, la jeune Tchécoslovaquie n'a pas encore de parlement digne de ce nom: on installe donc les députés ici, dans le palais de la musique. Pendant vingt ans, jusqu'en 1939, les lois de la république ont été débattues entre ces colonnes, là où l'on jouait Smetana.

Sous l'occupation, le palais passe aux mains des Allemands. Et l'écrivain Jiří Weil y a situé une scène inoubliable de son roman Mendelssohn est sur le toit. L'ordre arrive d'enlever la statue du compositeur juif Felix Mendelssohn. Mais les ouvriers ne savent pas laquelle c'est. Leur chef a une idée, fidèle aux théories raciales de l'occupant: on enlèvera celui qui a le plus grand nez... et c'est la statue de Richard Wagner qu'ils commencent à déboulonner. Une fiction, bien sûr, mais qui dit tout l'absurde de cette époque.

La place, elle, porte le nom de Jan Palach, l'étudiant qui s'est immolé par le feu en janvier 1969 pour protester contre la résignation qui suivait l'invasion soviétique. Sa faculté, celle des lettres, borde la place, et un masque mortuaire de bronze y rappelle son geste. Pour finir, prends la rue Široká vers l'est, jusqu'à un mur derrière lequel dorment des milliers de pierres tombales.

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