Synagogue Pinkas et vieux cimetière juif
Why is it significant?
Tu es devant un mur, et derrière ce mur, tu devines un océan de pierres grises et penchées sous les sureaux, serrées comme les dents d'une vieille mâchoire. C'est le vieux cimetière juif de Prague, et on y entre par la synagogue Pinkas, ce bâtiment sobre au bord de la rue Široká.
Key Facts
| Place | Synagogue Pinkas et vieux cimetière juif |
|---|---|
| Address | Široká 23/3, 110 00 Praha 1, Czechia |
| Geo Coordinates | 50.08910, 14.41740 |
| Part of Walk | Prague, de l'Horloge au Golem : Vieille Ville et quartier juif de Josefov |
| Generated | Generated |
Tu es devant un mur, et derrière ce mur, tu devines un océan de pierres grises et penchées sous les sureaux, serrées comme les dents d'une vieille mâchoire. C'est le vieux cimetière juif de Prague, et on y entre par la synagogue Pinkas, ce bâtiment sobre au bord de la rue Široká.
La synagogue Pinkas date de 1535. Mais ce qui saisit, à l'intérieur, ce sont les murs. Du sol au plafond, ils sont couverts de noms, écrits à la main en lettres noires et rouges: près de quatre-vingt mille Juifs de Bohême et de Moravie assassinés pendant la Shoah, avec leur date de naissance et la date de leur déportation. Ville par ville, famille par famille. Le mémorial a été réalisé à la fin des années 1950, fermé par le régime communiste après 1968, puis entièrement réinscrit dans les années 1990.
À l'étage sont exposés des dessins faits par des enfants enfermés dans le ghetto de Terezín, où une artiste déportée, Friedl Dicker-Brandeis, leur donnait en cachette des cours de dessin. Des papillons, des maisons, des trains. La plupart de ces enfants ne sont pas revenus.
Le cimetière, lui, a servi du début du quinzième siècle jusqu'en 1787. Le ghetto ne pouvait pas s'agrandir, et la loi juive interdit de déplacer les morts: alors on a apporté de la terre et enterré par-dessus, couche après couche, parfois sur une dizaine de niveaux. On compte environ douze mille stèles visibles, mais bien plus de défunts reposent ici. La plus ancienne pierre, celle du poète Avigdor Kara, date de 1439.
Parmi elles, une tombe est toujours couverte de petits cailloux et de papiers pliés glissés dans les fentes: celle du rabbin Judah Loew, mort en 1609, le créateur du Golem selon la légende. Les visiteurs y laissent leurs vœux. Ici s'achève ta promenade. Elle a commencé à la porte des rois, et elle a croisé un réformateur brûlé, un opéra, des astronomes, des écrivains et des rabbins. La Vieille Ville de Prague ne raconte jamais une seule histoire à la fois... Prends le temps, avant de repartir, d'écouter son silence.