Place de la Contrescarpe : poètes, ivrognes et Orwell

Why is it significant?

Te voilà sur une petite place presque villageoise: une fontaine ronde au centre, des arbres, des terrasses serrées les unes contre les autres, et des étudiants qui refont le monde à toute heure.

Key Facts

PlacePlace de la Contrescarpe : poètes, ivrognes et Orwell
AddressPlace de la Contrescarpe, 75005 Paris, France
Geo Coordinates48.84430, 2.34950
Part of WalkLe Quartier latin des écrivains et des étudiants : de la fontaine Saint-Michel à la rue Mouffetard, Paris
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Te voilà sur une petite place presque villageoise: une fontaine ronde au centre, des arbres, des terrasses serrées les unes contre les autres, et des étudiants qui refont le monde à toute heure. La place de la Contrescarpe a l'air d'avoir toujours été là, paisible... et pourtant son nom raconte une histoire de guerre.

Au début du XIIIe siècle, le roi Philippe Auguste entoure Paris d'une muraille. Elle passait juste ici, et la contrescarpe, c'est le talus extérieur du fossé qui protégeait le rempart. Une porte fortifiée gardait la route du sud à quelques pas. Le mur a disparu depuis longtemps, mais si tu regardes le plan du quartier, les rues tournent encore autour de son ancien tracé, comme l'eau autour d'une pierre.

Cherche au numéro 1 de la place une plaque qui évoque le cabaret de la Pomme de Pin, cité par Rabelais, où se seraient retrouvés les poètes de la Pléiade. Les historiens doutent que ce cabaret se soit vraiment trouvé ici, mais l'esprit est juste: Ronsard et du Bellay étudiaient le grec tout près, au collège de Coqueret, et c'est dans ce quartier, entre deux pichets, qu'ils ont rêvé de réinventer la poésie française.

Trois siècles et demi plus tard, Hemingway, qui habitait à deux pas, décrit la place sans aucune tendresse dans Paris est une fête: un café enfumé, plein d'ivrognes, qu'il compare à un égout. Il ne s'y asseyait jamais. Et pourtant, ce sont ses lecteurs qui viennent aujourd'hui s'y asseoir, son livre à la main. La littérature a de ces revanches.

Juste en contrebas, la rue du Pot-de-Fer garde un autre fantôme. En 1928, un jeune Anglais sans le sou y loue une chambre minable dans un hôtel infesté de punaises, et fait la plonge dans les cuisines d'un grand hôtel pour survivre. Il s'appelle Eric Blair; le monde le connaîtra sous le nom de George Orwell, et il racontera ces mois de misère dans son premier livre. Maintenant, prends la rue qui descend vers le sud, la plus ancienne et la plus gourmande du quartier: la rue Mouffetard.

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