Palacio de Longoria : le palais qui fond comme une pièce montée
Why is it significant?
Regarde cette façade blanche qui ondule, s'enroule, déborde, avec ses balcons de fer forgé qui poussent comme des lianes. Pas une ligne droite. On dirait une pièce montée laissée trop longtemps au soleil, ou un rocher sculpté par la mer.
Key Facts
| Place | Palacio de Longoria : le palais qui fond comme une pièce montée |
|---|---|
| Address | Calle de Fernando VI 4, 28004 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.42530, -3.69670 |
| Part of Walk | Madrid secret : de la Gran Vía à Malasaña, coupoles dorées et barricades de 1808 |
| Generated | Generated |
Regarde cette façade blanche qui ondule, s'enroule, déborde, avec ses balcons de fer forgé qui poussent comme des lianes. Pas une ligne droite. On dirait une pièce montée laissée trop longtemps au soleil, ou un rocher sculpté par la mer.
C'est le Palacio de Longoria, construit entre 1902 et 1904 pour un banquier, Javier González Longoria. L'architecte, José Grases Riera, était catalan, et il a apporté à Madrid ce que Barcelone vivait avec passion à la même époque: le modernisme, cousin espagnol de l'Art nouveau. Des motifs végétaux, des courbes partout, une rotonde à l'angle comme une tour de château de conte.
Le plus étonnant, c'est sa rareté. Madrid, ville de cour, a toujours préféré le classicisme et l'éclectisme bien élevé. Le modernisme y a laissé très peu de traces, et ce palais en est le meilleur exemple. Approche-toi des fenêtres: feuilles, fleurs et volutes semblent pousser directement de la pierre, comme si le bâtiment était vivant. C'est un peu comme trouver un Gaudí égaré au milieu des immeubles bourgeois de Chamberí et de Chueca.
Depuis 1950, le palais est le siège de la Société générale des auteurs et éditeurs d'Espagne, la SGAE, l'équivalent de la Sacem. Ici, on gère les droits des compositeurs et des écrivains... dans un bâtiment qui ressemble lui-même à une partition qui déborde de la portée. À l'intérieur, dit-on, un escalier à la rampe tourbillonnante sous une verrière colorée prolonge le spectacle.
Un palais d'assureurs dessiné par des Français, un gratte-ciel à l'américaine, une église portugaise devenue allemande, et maintenant un rêve catalan: décidément, Madrid adore emprunter aux autres pour inventer sa propre folie. Il te reste une dernière surprise, et elle a des accents français, elle aussi. Continue la Calle de Fernando VI vers l'est jusqu'au bout: une église baroque y garde le tombeau d'un roi qui ne voulait pas reposer à l'Escurial.