Café Gijón : la tertulia qui n'a jamais fermé

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Approche-toi de la vitrine du Café Gijón et jette un œil à l'intérieur: banquettes de velours, boiseries sombres, tables de marbre, et des murs couverts de caricatures et de portraits. Le lieu n'a pas l'air de vouloir t'impressionner. Il a juste l'air d'avoir tout vu. Le café ouvre en 1888.

Key Facts

PlaceCafé Gijón : la tertulia qui n'a jamais fermé
AddressPaseo de Recoletos 21, 28004 Madrid, Spain
Geo Coordinates40.42220, -3.69240
Part of WalkMadrid littéraire : Cervantès, Lope de Vega et le Quartier des Lettres
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Approche-toi de la vitrine du Café Gijón et jette un œil à l'intérieur: banquettes de velours, boiseries sombres, tables de marbre, et des murs couverts de caricatures et de portraits. Le lieu n'a pas l'air de vouloir t'impressionner. Il a juste l'air d'avoir tout vu.

Le café ouvre en 1888. Son fondateur, Gumersindo Gómez, venait de Gijón, dans les Asturies, et il a donné à son établissement le nom de sa ville. À l'époque, Madrid compte des dizaines de cafés de ce genre, et chacun a sa tertulia: un cercle d'habitués, écrivains, peintres, journalistes, qui se retrouvent à la même table, à la même heure, pour refaire le monde autour d'une seule tasse. La plupart de ces cafés ont disparu. Le Gijón, lui, est toujours là.

Son âge d'or, paradoxalement, c'est l'après-guerre civile, dans les années quarante et cinquante. Madrid est pauvre, la censure pèse sur tout ce qui s'imprime, et le café devient l'un des rares endroits où l'on peut parler de littérature pendant des heures, au chaud, pour le prix d'un café. Poètes débutants, acteurs sans contrat, romanciers en devenir s'y croisent. On dit que Camilo José Cela, futur prix Nobel, faisait partie des habitués.

En 1949, l'acteur et écrivain Fernando Fernán Gómez, pilier de la maison, crée avec d'autres habitués le Premio Café Gijón, un prix destiné aux romans courts. Un café qui décerne un prix littéraire... c'est assez dire le rôle de ces tables dans la vie des lettres espagnoles. Le prix existe toujours.

Si tu entres, regarde les visages: il n'est pas rare d'y voir encore des gens qui écrivent à la main, un carnet ouvert près de la tasse. La tradition continue, plus discrète. Maintenant, descends le Paseo de Recoletos vers la fontaine de Cibeles, puis prends la Calle de Alcalá sur ta droite. Tu cherches un immeuble coiffé d'une déesse casquée, la lance à la main.

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