Museo de Historia de Madrid : le portail de Ribera et le tableau qui changeait de roi

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Arrête-toi face à ce portail de pierre qui jaillit d'une façade de brique toute simple: une explosion de volutes, de draperies, de guirlandes, comme un rideau de théâtre pétrifié. Au centre, dans une niche, saint Ferdinand, roi de Castille. On dirait que la pierre bouillonne.

Key Facts

PlaceMuseo de Historia de Madrid : le portail de Ribera et le tableau qui changeait de roi
AddressCalle de Fuencarral 78, 28004 Madrid, Spain
Geo Coordinates40.42580, -3.70080
Part of WalkMadrid secret : de la Gran Vía à Malasaña, coupoles dorées et barricades de 1808
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Arrête-toi face à ce portail de pierre qui jaillit d'une façade de brique toute simple: une explosion de volutes, de draperies, de guirlandes, comme un rideau de théâtre pétrifié. Au centre, dans une niche, saint Ferdinand, roi de Castille. On dirait que la pierre bouillonne.

C'est l'œuvre de Pedro de Ribera, l'architecte baroque le plus extravagant de Madrid, dans les années 1720. Le bâtiment était alors le Real Hospicio de San Fernando, où l'on accueillait les pauvres, les mendiants et les orphelins pour les loger et leur apprendre un métier. Le contraste est saisissant: le luxe le plus délirant en façade, pour une maison de la misère.

Depuis 1929, c'est le musée d'histoire de la ville, et il cache un trésor qui devrait faire sourire un visiteur français. En 1810, la mairie commande à Goya une allégorie de la ville de Madrid. Au centre, dans un médaillon, Goya peint le portrait du roi du moment: Joseph Bonaparte, le frère de Napoléon.

Seulement, à Madrid, les rois passent plus vite que la peinture ne sèche. Quand les Français quittent la ville, on recouvre Joseph par le mot Constitución. Puis Ferdinand VII revient et on peint son portrait. Puis on remet Constitución, puis de nouveau Ferdinand... Finalement, à la fin du XIXe siècle, on tranche en inscrivant simplement Dos de Mayo. Un médaillon, une demi-douzaine de régimes, et Joseph Bonaparte enterré sous les couches.

Le musée conserve aussi une maquette géante de Madrid réalisée en 1830 par León Gil de Palacio, où l'on voit la ville maison par maison, avant la Gran Vía que tu viens de parcourir. Rejoins maintenant, par une rue transversale vers l'est, la Calle de Hortaleza, parallèle à Fuencarral. Une église y ouvre ses portes à toute heure, et une fois par an, elle bénit les chiens, les chats et même les iguanes.

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