Salesas Reales : le tombeau d'un roi mort de chagrin

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Devant toi s'ouvre un petit jardin, et derrière lui une église baroque de granit et de pierre blanche, avec une coupole et deux tours. Au-dessus de la porte, un relief montre deux femmes qui s'embrassent: la Visitation, Marie rendant visite à sa cousine Élisabeth.

Key Facts

PlaceSalesas Reales : le tombeau d'un roi mort de chagrin
AddressCalle del General Castaños 2, 28004 Madrid, Spain
Geo Coordinates40.42440, -3.69390
Part of WalkMadrid secret : de la Gran Vía à Malasaña, coupoles dorées et barricades de 1808
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Devant toi s'ouvre un petit jardin, et derrière lui une église baroque de granit et de pierre blanche, avec une coupole et deux tours. Au-dessus de la porte, un relief montre deux femmes qui s'embrassent: la Visitation, Marie rendant visite à sa cousine Élisabeth. Tu es devant les Salesas Reales, et c'est une histoire d'amour qui finit très mal.

Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle. La reine Barbara de Bragance, princesse portugaise, est mariée au roi Ferdinand VI. Le couple n'a pas d'enfants, et la reine redoute l'avenir: si le roi meurt avant elle, elle se retrouvera seule face à une belle-mère redoutable, Élisabeth Farnèse. Alors elle se prépare une retraite. Elle fonde un couvent de religieuses de la Visitation, qu'on appelle les Salesas, d'après saint François de Sales, et y fait aménager des appartements pour son veuvage.

Pour le construire, elle choisit un architecte d'origine française, François Carlier, avec le maître d'œuvre espagnol Francisco de Moradillo. Les travaux durent des années, et le résultat est l'un des ensembles baroques les plus élégants de Madrid, avec ses marbres colorés et ses dorures.

Mais le destin s'amuse. C'est la reine qui meurt la première, en 1758. Ferdinand VI, fou de chagrin, s'enferme dans un château hors de Madrid, refuse de se laver, de se raser, de gouverner... et meurt moins d'un an plus tard, en 1759. Il est enterré ici, auprès d'elle, et non à l'Escurial comme presque tous les rois d'Espagne. Son tombeau monumental, dessiné ensuite par l'architecte Francesco Sabatini, se dresse dans l'église, et la reine repose tout près de lui. Réunis malgré tout.

Le couvent, lui, est devenu au XIXe siècle le Palais de justice, et c'est aujourd'hui le siège du Tribunal suprême. L'église est restée une paroisse, dédiée à sainte Barbe. Ici s'achève ta promenade, qui a commencé devant un dôme dessiné par des Français et se termine devant une église signée par un architecte d'origine française. Entre les deux, tu as vu le Madrid que les guides pressés oublient. La Plaza de Santa Bárbara et le métro Alonso Martínez sont à deux pas: à toi de choisir ta terrasse.

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