Iglesia de San Antón : l'église qui ne dort jamais et bénit les animaux
Why is it significant?
Tu es dans la Calle de Hortaleza, devant une façade d'église du XVIIIe siècle, coincée entre les immeubles et les boutiques de Chueca. Rien ne la distingue vraiment... sauf peut-être les gens qui entrent et sortent à des heures où toutes les autres églises de Madrid sont fermées.
Key Facts
| Place | Iglesia de San Antón : l'église qui ne dort jamais et bénit les animaux |
|---|---|
| Address | Calle de Hortaleza 63, 28004 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.42390, -3.69870 |
| Part of Walk | Madrid secret : de la Gran Vía à Malasaña, coupoles dorées et barricades de 1808 |
| Generated | Generated |
Tu es dans la Calle de Hortaleza, devant une façade d'église du XVIIIe siècle, coincée entre les immeubles et les boutiques de Chueca. Rien ne la distingue vraiment... sauf peut-être les gens qui entrent et sortent à des heures où toutes les autres églises de Madrid sont fermées.
Le lieu porte le nom de saint Antoine l'Abbé, l'ermite d'Égypte, patron des animaux. Au XVIIIe siècle, il appartient à un ordre hospitalier voué à ce saint, puis il passe aux Escolapios, des religieux enseignants qui y ouvrent une école. Et chaque 17 janvier, jour de la Saint-Antoine, la rue devient une arche de Noé: chiens, chats, lapins, perroquets, chevaux, parfois même un iguane, défilent pour recevoir la bénédiction du prêtre. On appelle ça les vueltas de San Antón, les tours de saint Antoine.
Mais le vrai trésor est lié aux Escolapios. En 1819, ils commandent un tableau à un vieux peintre sourd et malade qui avait, dit-on, été lui-même leur élève dans sa jeunesse à Saragosse: Francisco de Goya. Il peint La Dernière Communion de saint Joseph de Calasanz, le fondateur de l'ordre, un vieillard à genoux, épuisé, illuminé. C'est l'une de ses dernières grandes œuvres religieuses, d'une intensité bouleversante, et beaucoup de Madrilènes ignorent qu'elle a été peinte pour ce quartier.
Depuis 2015, l'église a pris un tournant inattendu. Elle est confiée au père Ángel et à son association, Mensajeros de la Paz, qui décident de la laisser ouverte presque jour et nuit. Les personnes sans abri peuvent y entrer, s'asseoir au chaud, recevoir un café ou un petit-déjeuner, recharger un téléphone. Une église qui sert de refuge, comme l'hospice de saint Antoine autrefois.
Une vieille institution qui retrouve sa vocation d'origine en changeant toutes les règles: c'est très madrilène. Remonte maintenant la Calle de Hortaleza vers le nord et prends la Calle de Fernando VI sur ta droite. À l'angle suivant, un immeuble blanc semble couler comme une pièce montée au soleil.