San Antonio de los Alemanes : l'église peinte du sol au plafond
Why is it significant?
Devant toi, une façade de brique sans éclat, presque une façade de caserne, dans une rue où l'on passe sans lever la tête. Si la porte est ouverte, entre... et prépare-toi au choc. À l'intérieur, l'espace est ovale, et tout est peint.
Key Facts
| Place | San Antonio de los Alemanes : l'église peinte du sol au plafond |
|---|---|
| Address | Corredera Baja de San Pablo 16, 28004 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.42240, -3.70370 |
| Part of Walk | Madrid secret : de la Gran Vía à Malasaña, coupoles dorées et barricades de 1808 |
| Generated | Generated |
Devant toi, une façade de brique sans éclat, presque une façade de caserne, dans une rue où l'on passe sans lever la tête. Si la porte est ouverte, entre... et prépare-toi au choc.
À l'intérieur, l'espace est ovale, et tout est peint. La coupole, les murs, les corniches, les moindres recoins: des centaines de personnages s'y bousculent. Les scènes de la vie de saint Antoine de Padoue, là-haut, sont l'œuvre de Francisco Rizi et de Juan Carreño de Miranda. Sur les murs, des rois et des saints en trompe-l'œil ont été peints par Luca Giordano, le Napolitain que l'on surnommait Luca fa presto, Luca fait vite. On a l'impression d'être à l'intérieur d'un tableau.
Mais pourquoi saint Antoine des Allemands ? L'église est fondée en 1606, quand le Portugal et l'Espagne partagent le même roi. Elle s'appelle alors San Antonio de los Portugueses et sert d'hôpital aux Portugais de Madrid. En 1640, le Portugal reprend son indépendance, et l'église se retrouve sans communauté. Une reine d'origine autrichienne, Marie-Anne d'Autriche, la confie alors aux catholiques de langue allemande. Le nom change, les saints restent.
Depuis le début du XVIIIe siècle, l'église appartient à la Hermandad del Refugio, une confrérie charitable. Ses membres sortaient la nuit dans les rues pour secourir les malades et les sans-abri, avec du pain et un œuf, d'où le nom de ronde du pain et de l'œuf. La confrérie existe toujours et poursuit son œuvre de charité.
Juste en face, remarque le petit Teatro Lara, inauguré en 1880, que les Madrilènes surnomment la bonbonnière tant sa salle est intime. Et à deux pas, dans la Calle de San Roque, le couvent bénédictin de San Plácido entretient la plus galante des légendes madrilènes: le jeune roi Philippe IV s'y serait glissé la nuit par un passage secret pour une novice. Ce qui est sûr, c'est que le Christ crucifié de Velázquez, aujourd'hui au Prado, provient de ce couvent. Remonte maintenant vers le nord, par la Calle de San Andrés, jusqu'à une place pleine de terrasses, où un arc de brique se dresse seul... un arc qui a vu couler le sang en 1808.