Tour de Londres : le donjon de Guillaume le Conquérant

Why is it significant?

Arrête-toi au bord des douves, aujourd'hui tapissées d'herbe, et lève les yeux vers le grand donjon carré aux quatre tourelles coiffées de bulbes. C'est la Tour Blanche, le cœur de la Tour de Londres. Et elle a été bâtie par un homme qui parlait français.

Key Facts

PlaceTour de Londres : le donjon de Guillaume le Conquérant
AddressTower of London, London EC3N 4AB, United Kingdom
Geo Coordinates51.50810, -0.07600
Part of WalkLondres normande : de la Tour à Saint-Paul, mille ans de City
GeneratedGenerated

Open the walk

Arrête-toi au bord des douves, aujourd'hui tapissées d'herbe, et lève les yeux vers le grand donjon carré aux quatre tourelles coiffées de bulbes. C'est la Tour Blanche, le cœur de la Tour de Londres. Et elle a été bâtie par un homme qui parlait français.

Après sa victoire à Hastings, en 1066, Guillaume le Conquérant doit tenir une ville saxonne riche, orgueilleuse, et qui ne l'aime pas du tout. Alors il fait ce que font les conquérants: il plante une forteresse dans un angle des vieilles murailles romaines, face au fleuve. Le donjon de pierre est lancé vers 1078, sous la direction d'un moine normand, Gundulf, devenu évêque de Rochester. Et pour les angles, les encadrements, tout ce qui doit être à la fois beau et solide, on fait venir de la pierre de Caen, par bateau, depuis la Normandie.

Les rois d'Angleterre ont parlé français pendant près de trois siècles, et ça se voit encore partout dans cette ville. Sur les armoiries royales, tu liras « Dieu et mon droit », et sur la jarretière qui entoure le blason, « Honi soit qui mal y pense », la devise de l'ordre de la Jarretière, fondé par Édouard III vers 1348. Pas un mot d'anglais sur les armes de la monarchie anglaise. Avoue que c'est savoureux.

La Tour a aussi gardé des Français, et pas des moindres. Charles d'Orléans, le prince poète capturé à Azincourt en 1415, a passé vingt-cinq ans de captivité en Angleterre, dont une partie entre ces murs. Un manuscrit enluminé de ses poèmes le montre à une fenêtre de la Tour Blanche, avec le vieux London Bridge en arrière-plan: c'est l'une des plus anciennes vues fidèles de Londres. Quant au roi Jean le Bon, pris à Poitiers en 1356, il fut surtout logé au palais de Savoie, sur le Strand, en prisonnier de luxe... et c'est à Londres qu'il revint mourir, en 1364.

À l'intérieur, les joyaux de la Couronne, les corbeaux et les gardiens en tunique rouge et noir méritent une journée entière. Nous, on continue. Longe la forteresse vers l'ouest par Tower Hill, là où l'on décapitait autrefois les condamnés de marque, et cherche une petite église à la tour de brique, plus vieille de quatre siècles que le donjon lui-même.

Nearby stories