Carlton Gardens : le quartier général de la France libre
Why is it significant?
Regarde ce bronze au coin du petit jardin: un militaire immense, képi sur la tête, long manteau, le regard fixé au loin. Charles de Gaulle, devant le numéro 4 de Carlton Gardens.
Key Facts
| Place | Carlton Gardens : le quartier général de la France libre |
|---|---|
| Address | 4 Carlton Gardens, London SW1Y 5AA, United Kingdom |
| Geo Coordinates | 51.50560, -0.13420 |
| Part of Walk | Le Londres de la France libre : de Gaulle, Churchill et Westminster |
| Generated | Generated |
Regarde ce bronze au coin du petit jardin: un militaire immense, képi sur la tête, long manteau, le regard fixé au loin. Charles de Gaulle, devant le numéro 4 de Carlton Gardens. Sur la façade voisine, une plaque reprend en français les mots qu'il a fait placarder sur les murs de Londres à l'été 1940: la France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la guerre.
Rembobinons. Le 17 juin 1940, de Gaulle atterrit à Londres. Il est général depuis quelques semaines à peine, sous-secrétaire d'État d'un gouvernement qui vient de tomber. Il n'a ni armée, ni argent, ni mandat. Il a une voix, quelques fidèles... et l'appui d'un homme, Winston Churchill, qui le reconnaît le 28 juin comme chef des Français libres.
Au début, la France libre campe dans des bureaux de fortune près de la Tamise. En juillet 1940, elle s'installe ici, dans cette belle maison, qui devient son quartier général. On y croise des aviateurs évadés, des diplomates en rupture de ban, des jeunes gens arrivés par l'Espagne, et les pêcheurs de l'île de Sein, partis presque tous ensemble dès juin 1940. On y tape des ordres, on y monte des réseaux, on y prépare le retour.
Et les relations avec Churchill ? Orageuses. Les deux hommes s'admirent et se hurlent dessus. On prête au Premier ministre une formule cruelle: la plus lourde croix qu'il ait eu à porter aurait été la croix de Lorraine. Mais de Gaulle savait qu'un homme seul, sans territoire et sans troupes, ne pouvait pas se permettre d'être aimable. Sa raideur était peut-être son seul capital.
La statue a été inaugurée en 1993, et les grandes terrasses blanches de Carlton House Terrace, juste à côté, sont l'œuvre de John Nash, l'architecte de Regent Street. Retiens pourtant ce coin de rue modeste: c'est d'ici qu'est repartie, très concrètement, la souveraineté française. Redescends vers le Mall, traverse-le et entre dans St James's Park: un roi qui avait lui aussi connu l'exil en France l'a redessiné.