Café Royal : la fortune d'un marchand de vin en fuite
Why is it significant?
Arrête-toi devant le 68 Regent Street, sous la grande courbe de façades couleur crème, et cherche le nom gravé au-dessus de l'entrée: Café Royal. Aujourd'hui, c'est un hôtel de luxe.
Key Facts
| Place | Café Royal : la fortune d'un marchand de vin en fuite |
|---|---|
| Address | 68 Regent Street, London W1B 4DY, United Kingdom |
| Geo Coordinates | 51.51020, -0.13570 |
| Part of Walk | Le Londres des Français : huguenots, exilés et tables de Soho à Covent Garden |
| Generated | Generated |
Arrête-toi devant le 68 Regent Street, sous la grande courbe de façades couleur crème, et cherche le nom gravé au-dessus de l'entrée: Café Royal. Aujourd'hui, c'est un hôtel de luxe. Mais pendant près d'un siècle et demi, ce fut le salon de Londres, l'endroit où l'on venait voir, être vu, et dire du mal des absents.
Son fondateur s'appelle Daniel Nicolas Thévenon. Marchand de vin français criblé de dettes, il quitte la France avec sa femme Célestine et presque rien en poche. À Londres, il se choisit un nom plus facile à prononcer, Daniel Nicols, et ouvre en 1865 un petit café-restaurant tout près d'ici. Sa cave devient si célèbre qu'on la dira bientôt l'une des meilleures du monde.
Dans les années 1890, le Café Royal est l'antichambre de la bohème londonienne. Oscar Wilde y tient sa cour, le peintre Whistler y lance ses piques, et plus tard viendront, dit-on, D. H. Lawrence, Virginia Woolf ou un certain Winston Churchill. On raconte que c'est à l'une de ces tables que des amis ont supplié Wilde de renoncer au procès qui allait le perdre... et qu'il ne les a pas écoutés.
Le Café Royal a fermé ses portes en 2008, après plus de cent quarante ans de dîners, de duels verbaux et de scandales. Il a rouvert en hôtel quelques années plus tard, et sa salle la plus célèbre, l'ancienne Grill Room, couverte de miroirs, de dorures et de cariatides dans le goût du Second Empire, porte aujourd'hui le nom d'Oscar Wilde. Le Second Empire, justement, celui de Napoléon III, qui régnait encore à Paris quand Nicols ouvrait boutique.
Un marchand de vin ruiné qui devient l'hôte de toute l'intelligentsia anglaise: c'est la version heureuse de l'exil. Traverse maintenant Regent Street, entre dans Soho par Brewer Street puis Old Compton Street, et rejoins Dean Street: tu vas trinquer, au moins des yeux, à la santé de la France libre.