Begijnhof : le jardin secret des béguines

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Franchis le porche, et écoute: le bruit de la ville vient de s'éteindre d'un coup. Devant toi, une pelouse, des arbres, des maisons étroites rangées en cercle, une petite église de brique au milieu. Tu es dans le Begijnhof, la cour des béguines.

Key Facts

PlaceBegijnhof : le jardin secret des béguines
AddressBegijnhof 29, 1012 WV Amsterdam, Netherlands
Geo Coordinates52.36940, 4.89000
Part of WalkAmsterdam médiévale : du port au Dam, églises cachées et palais d'un roi français
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Franchis le porche, et écoute: le bruit de la ville vient de s'éteindre d'un coup. Devant toi, une pelouse, des arbres, des maisons étroites rangées en cercle, une petite église de brique au milieu. Tu es dans le Begijnhof, la cour des béguines. Des gens habitent encore ces maisons: alors on parle doucement, comme quand on entre chez quelqu'un.

Les béguines n'étaient pas des religieuses. C'étaient des femmes célibataires ou veuves, catholiques, qui vivaient en communauté, priaient ensemble et soignaient les malades, mais sans prononcer de vœux définitifs: elles pouvaient partir, se marier, garder leurs biens. La cour existe depuis le XIVe siècle. Et quand Amsterdam devient protestante, en 1578, un petit miracle juridique se produit: les maisons appartiennent aux béguines elles-mêmes, pas à l'Église. On ne peut pas les chasser.

Leur église, en revanche, leur est confisquée. En 1607, elle est donnée à des protestants anglais et écossais réfugiés, et c'est toujours l'Église anglaise que tu vois au centre. Alors les béguines font comme les catholiques du grenier de tout à l'heure: vers 1671, elles aménagent une chapelle cachée derrière les façades de deux maisons, juste en face. Elle garde le souvenir du Miracle d'Amsterdam de 1345, une hostie retrouvée intacte dans les flammes, qui fit de la ville un lieu de pèlerinage.

Cherche maintenant, au numéro 34, la maison à façade de bois noir. Tu te souviens de sa jumelle du Zeedijk ? La voici, généralement datée des environs de 1528. Et une dernière histoire, à prendre comme une légende: une béguine, Cornelia Arens, aurait refusé d'être enterrée dans l'église passée aux protestants, et demandé à reposer plutôt dans le caniveau. Une dalle, près du passage, honore encore sa mémoire. La dernière béguine, sœur Antonia, est morte en 1971.

La boucle est bouclée: tu es parti d'une gare posée sur l'eau, tu as traversé des tours, des balances, des églises cachées, un hôtel de ville devenu palais d'un roi français, et tu finis dans le refuge le plus silencieux de la ville. En ressortant sur le Spui, salue le gamin de bronze, Het Lieverdje, autour duquel les provos des années 1960 menaient leurs happenings. Amsterdam recommence à faire du bruit... et la suite, c'est toi qui la choisis.

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