Felix Meritis : un temple des Lumières sur la Keizersgracht
Why is it significant?
Devant toi, sur la Keizersgracht, se dresse une façade qui ne ressemble à aucune autre sur le canal: quatre colonnes géantes, un fronton sévère et deux mots latins, Felix Meritis. Heureux par le mérite. Pas de pignon à volutes, pas de porte d'entrepôt: ce bâtiment n'a jamais stocké que des idées.
Key Facts
| Place | Felix Meritis : un temple des Lumières sur la Keizersgracht |
|---|---|
| Address | Keizersgracht 324, 1016 EZ Amsterdam, Netherlands |
| Geo Coordinates | 52.37000, 4.88430 |
| Part of Walk | Amsterdam secret : de la Courbe d'or aux jardins cachés du Jordaan |
| Generated | Generated |
Devant toi, sur la Keizersgracht, se dresse une façade qui ne ressemble à aucune autre sur le canal: quatre colonnes géantes, un fronton sévère et deux mots latins, Felix Meritis. Heureux par le mérite. Pas de pignon à volutes, pas de porte d'entrepôt: ce bâtiment n'a jamais stocké que des idées.
En 1777, des bourgeois d'Amsterdam fondent une société savante sous cette devise. C'est le siècle des Lumières, et ces messieurs ont lu Voltaire et l'Encyclopédie. Leur rêve: un seul lieu pour cinq passions, la physique, le dessin, la musique, le commerce et les lettres. En 1788, ils inaugurent ce bâtiment taillé sur mesure, avec une salle de concert ovale, des salles d'expériences et même, sur le toit, un petit observatoire pour regarder les étoiles au-dessus des canaux.
Pendant un siècle, avant que le Concertgebouw n'existe, c'est l'une des grandes salles de musique de la ville. Le même soir, on pouvait écouter une symphonie, assister à une démonstration de physique et discuter commerce avec les plus gros négociants du port. Imagine ces perruques poudrées penchées sur une machine électrique... la science comme spectacle mondain.
Puis le temple des Lumières change plusieurs fois de camp. Après la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste néerlandais s'y installe, avec la rédaction de son journal, De Waarheid, la Vérité. Plus tard, le bâtiment devient un haut lieu du théâtre expérimental, ouvert aux artistes les plus libres. Des savants en perruque aux militants, puis aux comédiens: la façade n'a pas bougé, mais ce qui se disait derrière avait toujours un temps d'avance.
Et la Keizersgracht elle-même, le canal de l'Empereur, doit son nom à Maximilien de Habsbourg, qui avait permis à la ville de coiffer ses armes de sa couronne impériale. Garde ce détail en tête. Remonte le canal vers le nord: dans quelques minutes, cette couronne va apparaître tout en haut d'un clocher.