Crypte des Capucins : là où finissent tous les Habsbourg
Why is it significant?
Tu es sur le Neuer Markt, devant une petite église à la façade presque nue, d'une modestie déconcertante. Difficile de croire que sous tes pieds dorment près de cent cinquante membres de l'une des familles les plus puissantes de l'histoire européenne.
Key Facts
| Place | Crypte des Capucins : là où finissent tous les Habsbourg |
|---|---|
| Address | Tegetthoffstraße 2, 1010 Wien, Austria |
| Geo Coordinates | 48.20580, 16.37020 |
| Part of Walk | Vienne impériale : la Hofburg, Sissi et le cœur des Habsbourg |
| Generated | Generated |
Tu es sur le Neuer Markt, devant une petite église à la façade presque nue, d'une modestie déconcertante. Difficile de croire que sous tes pieds dorment près de cent cinquante membres de l'une des familles les plus puissantes de l'histoire européenne.
La crypte a été fondée par l'impératrice Anne, épouse de l'empereur Matthias, et reçoit ses premiers cercueils en 1633. Depuis, presque tous les Habsbourg y sont descendus. Les gardiens sont des moines capucins, voués à la pauvreté. Le contraste est saisissant: des sarcophages de bronze et d'étain ornés de crânes couronnés, veillés par les frères les plus humbles de l'Église.
Le plus spectaculaire est le double sarcophage de Marie-Thérèse et de son mari François-Étienne, sculpté par Balthasar Ferdinand Moll: les deux époux se redressent sur le couvercle et se regardent, comme au matin du Jugement dernier. À leurs pieds, leur fils Joseph II a choisi un simple cercueil de cuivre, sans ornement, fidèle jusqu'au bout à ses idées. François-Joseph, Élisabeth et leur fils Rodolphe reposent côte à côte un peu plus loin.
Et puis il y a une absence. Le fils de Napoléon, le duc de Reichstadt, mort de tuberculose à Schönbrunn le 22 juillet 1832, à vingt et un ans, a reposé ici plus d'un siècle, non loin de sa mère Marie-Louise. Le 15 décembre 1940, Hitler fait transférer son cercueil aux Invalides, à Paris, cent ans jour pour jour après le retour des cendres de Napoléon. Un geste de propagande envers la France occupée. Son cœur, lui, est resté à Vienne.
Une dernière tradition, encore respectée en 2011 pour les funérailles d'Otto de Habsbourg, le fils du dernier empereur: le cortège frappe à la porte. Un moine demande qui veut entrer. On énumère les titres du défunt... la porte reste close. On recommence. À la troisième fois, on répond simplement: un homme mortel et pécheur. Alors seulement, la porte s'ouvre. C'est ici que s'achève notre promenade, comme s'achevaient les règnes: devant une porte qui ne cède qu'à l'humilité.