Augustinerkirche : les noces de Marie-Louise et la crypte des cœurs
Why is it significant?
Entre dans la nef: après le baroque omniprésent de Vienne, cette église gothique surprend par sa sobriété, haute, claire, toute en verticales. C'était l'église paroissiale de la cour, reliée au palais par des couloirs, et c'est ici que les Habsbourg se mariaient. Et quels mariages !
Key Facts
| Place | Augustinerkirche : les noces de Marie-Louise et la crypte des cœurs |
|---|---|
| Address | Augustinerstraße 3, 1010 Wien, Austria |
| Geo Coordinates | 48.20590, 16.36760 |
| Part of Walk | Vienne impériale : la Hofburg, Sissi et le cœur des Habsbourg |
| Generated | Generated |
Entre dans la nef: après le baroque omniprésent de Vienne, cette église gothique surprend par sa sobriété, haute, claire, toute en verticales. C'était l'église paroissiale de la cour, reliée au palais par des couloirs, et c'est ici que les Habsbourg se mariaient.
Et quels mariages ! Marie-Thérèse et François-Étienne de Lorraine en 1736. Le 19 avril 1770, Marie-Antoinette, quatorze ans, née dans la Hofburg voisine, épouse ici le dauphin de France... par procuration, son frère Ferdinand tenant le rôle du marié absent. Le 11 mars 1810, rebelote avec Marie-Louise et Napoléon. Le marié de substitution, ce jour-là ? L'archiduc Charles, le vainqueur d'Aspern, qui avait affronté Napoléon dix mois plus tôt.
Imagine la scène du côté de Marie-Louise. Enfant, elle avait appris à détester l'Ogre corse, qui avait par deux fois chassé sa famille de Vienne. La voilà donnée à lui pour sceller la paix. Elle part pour la France, donne naissance au roi de Rome... et, après la chute de l'Empire, ne reverra jamais son mari. En 1854, ce sont François-Joseph et Élisabeth qui s'unissent sous ces voûtes, dans un tout autre éclat.
Maintenant, la partie la plus étrange. À côté d'une petite chapelle se cache la crypte des cœurs. Cinquante-quatre urnes d'argent y contiennent les cœurs de Habsbourg morts entre 1654 et 1878. Car à Vienne, un Habsbourg défunt était partagé en trois: le cœur ici, les entrailles dans les catacombes de la cathédrale Saint-Étienne, le corps chez les Capucins. Parmi ces cœurs, celui de l'Aiglon, le fils de Napoléon.
Avant de sortir, regarde dans la nef ce tombeau de marbre en forme de pyramide, où un cortège de pleureuses entre lentement dans une porte noire: c'est l'œuvre d'Antonio Canova pour Marie-Christine, la Mimi de l'Albertina. Ressors sur l'Augustinerstraße, traverse la place de l'Albertina et prends la Tegetthoffstraße jusqu'au Neuer Markt, pour la dernière demeure des Habsbourg.