Palais Lobkowitz : la salle de l'Eroica
Why is it significant?
Devant toi, un palais baroque aux tons clairs, avec un portail majestueux encadré de colonnes, dessiné par Johann Bernhard Fischer von Erlach. La place est petite, presque intime. C'est pourtant ici, dans une salle de ce palais, que la musique a changé d'échelle.
Key Facts
| Place | Palais Lobkowitz : la salle de l'Eroica |
|---|---|
| Address | Lobkowitzplatz 2, 1010 Wien, Austria |
| Geo Coordinates | 48.20560, 16.36840 |
| Part of Walk | Vienne en musique et en cafés : de l'appartement de Mozart à la salle dorée du Musikverein |
| Generated | Generated |
Devant toi, un palais baroque aux tons clairs, avec un portail majestueux encadré de colonnes, dessiné par Johann Bernhard Fischer von Erlach. La place est petite, presque intime. C'est pourtant ici, dans une salle de ce palais, que la musique a changé d'échelle.
Au début du XIXe siècle, le palais appartient au prince Franz Joseph Maximilian von Lobkowitz, un aristocrate qui vit pour la musique. Il entretient son propre orchestre, organise des concerts privés, et devient l'un des grands protecteurs d'un jeune pianiste de Bonn au caractère impossible: Ludwig van Beethoven.
En 1804, c'est dans la grande salle du palais que résonne pour la première fois la Troisième Symphonie, en privé, devant le prince et ses invités. Une œuvre énorme, presque deux fois plus longue que ce qu'on écrivait alors, avec une marche funèbre au milieu. Le public de la création publique, en 1805, a été décontenancé. Aujourd'hui, la salle s'appelle tout simplement la salle Eroica.
Et l'Eroica, au départ, devait s'appeler Bonaparte. Beethoven admirait le général de la Révolution, le héros qui allait libérer l'Europe. Selon le récit de son élève Ferdinand Ries, quand il apprend que Napoléon s'est proclamé empereur en 1804, il entre dans une rage noire et déchire la page de titre. Une copie conservée à Vienne porte encore le nom de Bonaparte gratté si fort que le papier est troué. La symphonie sera dédiée au prince Lobkowitz, en souvenir d'un grand homme.
La fidélité du prince ne s'arrête pas là. En 1809, avec l'archiduc Rodolphe et le prince Kinsky, il garantit à Beethoven une rente annuelle de quatre mille florins pour qu'il reste à Vienne. Ses dépenses pour la musique ont fini par le ruiner, ou presque. Le palais abrite aujourd'hui le Musée du théâtre. Maintenant, traverse vers le sud, en direction de l'arrière de l'Opéra: l'hôtel le plus gourmand de Vienne est juste derrière.