Via Garibaldi : le canal que Napoléon a comblé
Why is it significant?
Te voilà dans une rue qui ne ressemble à aucune autre à Venise: large, droite, avec du linge aux fenêtres, des bancs, des grands-mères qui discutent et des enfants qui jouent au ballon.
Key Facts
| Place | Via Garibaldi : le canal que Napoléon a comblé |
|---|---|
| Address | Via Giuseppe Garibaldi, Castello, 30122 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.43220, 12.35300 |
| Part of Walk | Venise, Saint-Marc et la Sérénissime : splendeur des doges et chute de 1797 |
| Generated | Generated |
Te voilà dans une rue qui ne ressemble à aucune autre à Venise: large, droite, avec du linge aux fenêtres, des bancs, des grands-mères qui discutent et des enfants qui jouent au ballon. Ici, tu quittes la ville des cartes postales pour celle des Vénitiens, le Castello populaire des anciens ouvriers de l'Arsenal.
Cette largeur a une explication: sous tes pieds coulait un canal. En 1807, l'administration napoléonienne décide de le combler pour ouvrir une grande rue droite, à la française, aérée et salubre. On la baptise Via Eugenia, en l'honneur d'Eugène de Beauharnais, le fils adoptif de Napoléon, vice-roi d'Italie. C'est l'une des très rares rues de Venise à porter le nom de via: partout ailleurs, on dit calle, ruga, salizada, fondamenta.
Après 1866, quand Venise rejoint le royaume d'Italie, la rue change de héros et prend le nom de Giuseppe Garibaldi, le général aux chemises rouges. Au bout, à l'entrée des jardins, un monument de bronze du XIXe siècle le montre debout sur un rocher. Les Vénitiens ont changé l'enseigne, mais pas la rue: la ligne droite tracée par les Français est restée.
Ce quartier était celui des arsenalotti. La République les logeait près de leurs chantiers, les payait régulièrement, et leur réservait des honneurs que bien des nobles leur enviaient. C'étaient eux qui ramaient sur le Bucintoro le jour de la Sensa, quand le doge jetait un anneau dans la mer pour épouser l'Adriatique. Et c'étaient eux qui portaient le nouveau doge sur leurs épaules, autour de la place Saint-Marc, le jour de son élection, pendant qu'il jetait des pièces à la foule.
Napoléon, lui, voyait plus loin qu'une rue: il voulait offrir à Venise un jardin public, comme les promenades de Paris, et il l'a fait aménager à quelques pas d'ici. Cherche, sur le côté de la rue, la grande allée bordée d'arbres, le Viale Garibaldi, et suis-la vers la lagune jusqu'aux jardins.