Porta Magna de l'Arsenal : l'usine de la Sérénissime

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Plante-toi devant ce portail de pierre blanche orné de lions, au pied des deux tours crénelées qui gardent l'entrée du canal: c'est la Porta Magna de l'Arsenal, élevée en 1460, l'un des tout premiers monuments de la Renaissance à Venise.

Key Facts

PlacePorta Magna de l'Arsenal : l'usine de la Sérénissime
AddressCampo de l'Arsenal, Castello, 30122 Venezia VE, Italy
Geo Coordinates45.43490, 12.35010
Part of WalkVenise, Saint-Marc et la Sérénissime : splendeur des doges et chute de 1797
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Plante-toi devant ce portail de pierre blanche orné de lions, au pied des deux tours crénelées qui gardent l'entrée du canal: c'est la Porta Magna de l'Arsenal, élevée en 1460, l'un des tout premiers monuments de la Renaissance à Venise. Derrière ces hauts murs de brique battait le cœur industriel de la République.

L'Arsenal était sans doute le plus grand complexe industriel d'Europe avant la révolution industrielle. Des milliers d'ouvriers, les arsenalotti, y construisaient les galères presque à la chaîne: la coque passait d'un atelier à l'autre, recevant ici les mâts, là les rames, plus loin les cordages et les armes. Dante, qui l'avait vu, compare dans l'Enfer la poix bouillante où plongent les damnés aux chaudrons de l'Arsenal, où l'on calfatait les navires en hiver.

En 1574, le jeune roi de France Henri III passe par Venise, et la République veut l'éblouir. On raconte que, pendant le banquet donné en son honneur, les arsenalotti assemblèrent une galère entière sous ses yeux, en quelques heures à peine. Les détails changent selon les récits, mais le message était limpide: personne au monde ne construisait plus vite.

Regarde maintenant les lions. Les deux plus grands, de part et d'autre de la porte, ont été rapportés de Grèce en 1687 par Francesco Morosini, l'amiral dont un obus, la même année, fit exploser le Parthénon. Le lion assis, le plus grand, gardait le port du Pirée. Sur ses flancs, cherche des lignes sinueuses presque effacées: ce sont des runes, gravées au XIe siècle par des mercenaires scandinaves au service de l'empereur de Byzance.

Et la fin, une fois de plus, est française. En 1797, les troupes de Bonaparte pillent l'Arsenal, et au début de 1798, avant de laisser la ville aux Autrichiens, elles brûlent le dernier Bucintoro, la galère d'apparat dorée du doge, pour en récupérer l'or. Longe maintenant le rio de l'Arsenal vers la lagune, passe devant le musée naval, et entre dans la rue la plus large de Venise.

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