San Giovanni in Bragora : le baptême de Vivaldi

Why is it significant?

Le Campo Bandiera e Moro est un vrai campo de quartier: quelques bancs, des palais un peu fatigués, des enfants à vélo, et au fond une petite église de brique à la façade arrondie, San Giovanni in Bragora.

Key Facts

PlaceSan Giovanni in Bragora : le baptême de Vivaldi
AddressCampo Bandiera e Moro, Castello, 30122 Venezia VE, Italy
Geo Coordinates45.43430, 12.34700
Part of WalkVenise en musique : de La Fenice à la Pietà, sur les pas de Vivaldi
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Le Campo Bandiera e Moro est un vrai campo de quartier: quelques bancs, des palais un peu fatigués, des enfants à vélo, et au fond une petite église de brique à la façade arrondie, San Giovanni in Bragora.

Personne n'est vraiment sûr de l'origine de ce nom étrange, Bragora: un mot grec pour la place du marché, un vieux mot vénitien lié à la pêche, un ancien marécage... Mais une chose est sûre. Le 6 mai 1678, on apporte ici un nourrisson de deux mois pour compléter son baptême. À sa naissance, le 4 mars, la sage-femme l'avait ondoyé en urgence, tant on craignait pour sa vie. Il s'appelle Antonio Lucio Vivaldi, et à l'intérieur on montre encore les fonts baptismaux.

Son père, Giovanni Battista, était barbier, et violoniste à la basilique Saint-Marc. Le petit Antonio apprend le violon avec lui, dans ces calli. Il a les cheveux roux de son père, et quand il est ordonné prêtre, en 1703, la ville le surnomme il prete rosso, le prêtre roux. Mais il cesse presque aussitôt de dire la messe: il souffre d'une étroitesse de poitrine, sans doute de l'asthme. La légende, elle, préfère raconter qu'il quittait l'autel en pleine messe pour aller noter une idée de fugue.

Avant de sortir, cherche sur le maître-autel le Baptême du Christ de Cima da Conegliano, peint vers 1494. Le Jourdain coule dans un paysage de collines de la Vénétie, sous une lumière de printemps limpide... Un baptême, encore, dans l'église d'un baptême. C'est l'un des plus beaux tableaux de la ville, et presque personne ne vient le voir.

Le nom du campo honore les frères Attilio et Emilio Bandiera et leur compagnon Domenico Moro, patriotes fusillés en Calabre en 1844 pour avoir rêvé d'une Italie unie. Prends maintenant la Calle della Pietà vers l'ouest: elle te mène, en quelques pas, jusqu'à l'église où le prêtre roux a fait de jeunes orphelines les musiciennes les plus célèbres d'Europe.

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