San Giobbe : le premier portail de la Renaissance
Why is it significant?
Entre dans ce campo tranquille, presque au bout de Cannaregio, et regarde le portail de marbre blanc de l'église San Giobbe: des guirlandes, des saints, une finesse de dentelle qui paraît presque déplacée au milieu des maisons ouvrières. Les touristes ne viennent presque jamais jusqu'ici.
Key Facts
| Place | San Giobbe : le premier portail de la Renaissance |
|---|---|
| Address | Campo San Giobbe, Cannaregio, 30121 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.44500, 12.32040 |
| Part of Walk | Venise secrète : Cannaregio et le Ghetto, de San Giobbe aux Miracoli |
| Generated | Generated |
Entre dans ce campo tranquille, presque au bout de Cannaregio, et regarde le portail de marbre blanc de l'église San Giobbe: des guirlandes, des saints, une finesse de dentelle qui paraît presque déplacée au milieu des maisons ouvrières. Les touristes ne viennent presque jamais jusqu'ici. C'est exactement pour cela qu'on commence ici.
L'église est dédiée à Job, le saint de la patience, Giobbe en italien. Au milieu du XVe siècle, le doge Cristoforo Moro finance sa reconstruction, et le sculpteur et architecte Pietro Lombardo y apporte un langage tout neuf: pilastres sculptés, médaillons, proportions venues de Toscane. San Giobbe est l'un des tout premiers endroits de Venise où l'on voit la Renaissance prendre la place du gothique. Garde le nom de Lombardo en tête... tu le retrouveras à la toute fin de la promenade.
Si la porte est ouverte, avance jusqu'au chœur et baisse les yeux. Dans le pavement, une grande dalle porte les armes du doge Moro, et ses emblèmes sont des mûres. Car moro, en italien, c'est le mûrier noir... mais c'est aussi le Maure. Ce jeu de mots a nourri bien des rêveries, et certains ont voulu relier ce nom à l'Othello de Shakespeare. Rien ne le prouve: c'est une jolie légende, pas de l'histoire.
Un peu plus loin, une petite chapelle te réserve une surprise: sa voûte est couverte de terres cuites émaillées bleu et blanc, sorties de l'atelier florentin des Della Robbia. Elle appartenait à une famille de marchands de soie venus de Toscane... un morceau de Florence glissé au fond de Cannaregio. Le grand retable que Giovanni Bellini avait peint pour cette église est parti depuis longtemps aux Gallerie dell'Accademia, mais les autels gardent encore de beaux tableaux de la même époque.
Autour de toi, c'était le Venise des faubourgs, celui des ateliers, des pêcheurs et, au XIXe siècle, de l'abattoir municipal, aujourd'hui transformé en bâtiments universitaires. Le canal tout proche, le Canale di Cannaregio, a longtemps été la grande entrée de la ville pour qui arrivait de la terre ferme en barque, avant le pont ferroviaire de 1846. Suis-le maintenant vers le sud-est, le long de la Fondamenta di San Giobbe, jusqu'au pont de pierre hérissé de petits obélisques.