La Pietà : les orphelines de Vivaldi
Why is it significant?
Devant toi, la façade blanche de la Pietà, face à la lagune, achevée seulement en 1906. Et dans la Calle della Pietà, sur le côté, une vieille plaque de pierre que presque personne ne lit. Cette plaque date de 1548.
Key Facts
| Place | La Pietà : les orphelines de Vivaldi |
|---|---|
| Address | Chiesa della Pietà, Riva degli Schiavoni, Castello, 30122 Venezia VE, Italy |
| Geo Coordinates | 45.43420, 12.34490 |
| Part of Walk | Venise en musique : de La Fenice à la Pietà, sur les pas de Vivaldi |
| Generated | Generated |
Devant toi, la façade blanche de la Pietà, face à la lagune, achevée seulement en 1906. Et dans la Calle della Pietà, sur le côté, une vieille plaque de pierre que presque personne ne lit.
Cette plaque date de 1548. Elle menace d'excommunication et de malédiction les parents qui abandonnent ici leurs enfants alors qu'ils auraient les moyens de les élever. Car la Pietà était un hospice pour enfants trouvés. On les déposait dans une niche, la scaffetta, et beaucoup recevaient pour nom de famille celui de la maison: Dalla Pietà. Une ville entière de prénoms sans parents.
En 1703, le jeune prêtre roux est engagé comme maître de violon. Sous sa direction, les filles du chœur deviennent un orchestre célèbre dans toute l'Europe: violons, violoncelles, hautbois, flûtes, et même des instruments rares. Les musiciennes étaient connues par leur instrument, comme Anna Maria dal Violin, sa virtuose préférée. C'est pour elles que Vivaldi écrit une grande partie de ses quelque cinq cents concertos, avec des liens qui dureront presque quarante ans. Les Quatre Saisons, elles, sont publiées à Amsterdam en 1725.
Et voici le paradoxe. L'église que tu as devant toi n'est pas celle de Vivaldi. Elle a été reconstruite par Giorgio Massari à partir de 1745, quatre ans après sa mort. Pensée comme une salle de concert, ovale, avec des tribunes grillagées pour les musiciennes et un plafond peint par Giambattista Tiepolo, elle est faite pour sa musique... mais lui n'y a jamais joué. Vivaldi était mort à Vienne en 1741, pauvre et à moitié oublié, et enterré dans un cimetière d'hôpital disparu depuis longtemps.
Il a fallu attendre le XXe siècle pour que l'Europe redécouvre ses manuscrits, retrouvés en grand nombre dans des bibliothèques italiennes. Aujourd'hui, ses concertos résonnent de nouveau dans cette église, et dans toute la ville. Tu as commencé chez un Casanova violoniste, tu termines chez le prêtre roux et ses orphelines. Assieds-toi un instant face à la lagune, ferme les yeux... et laisse Venise jouer sa propre musique.