Pont des Soupirs et l'évasion de Casanova

Why is it significant?

Monte sur le pont de la Paglia, trouve une place contre la balustrade et tourne-toi vers l'intérieur du canal: ce petit pont couvert de pierre blanche, avec ses deux fenêtres grillagées, relie le palais des Doges, à gauche, aux prisons, à droite.

Key Facts

PlacePont des Soupirs et l'évasion de Casanova
AddressPonte dei Sospiri, Rio di Palazzo, San Marco, 30124 Venezia VE, Italy
Geo Coordinates45.43400, 12.34090
Part of WalkVenise, Saint-Marc et la Sérénissime : splendeur des doges et chute de 1797
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Monte sur le pont de la Paglia, trouve une place contre la balustrade et tourne-toi vers l'intérieur du canal: ce petit pont couvert de pierre blanche, avec ses deux fenêtres grillagées, relie le palais des Doges, à gauche, aux prisons, à droite. C'est sans doute le pont le plus photographié du monde... et il ne mène qu'à des cellules.

Il a été construit au tout début du XVIIe siècle, quand la République a installé une partie de ses prisons de l'autre côté du rio, dans un bâtiment neuf, les Prigioni Nuove. Le pont permettait de conduire les accusés des salles des magistrats jusqu'aux cachots sans jamais passer par la rue. Deux couloirs séparés à l'intérieur, l'un pour l'aller, l'autre pour le retour. Rien de romantique: un passage de service.

Le nom est venu bien plus tard, avec les romantiques. Lord Byron le met dans un poème célèbre, en 1818, et l'idée s'impose: par ces petites fenêtres, le condamné aurait jeté un dernier regard sur la lagune avant l'ombre, et soupiré. Les gondoliers ont ajouté leur légende à eux: un couple qui s'embrasse sous le pont, en gondole, au coucher du soleil, s'aimera pour toujours.

Le prisonnier le plus célèbre du palais n'est pourtant pas sorti par là. Giacomo Casanova, arrêté en 1755 et enfermé dans les Piombi, les cellules sous les toits de plomb du palais, s'évade dans la nuit du 31 octobre 1756, par les toits, avec un moine complice. Plus de trente ans après, il raconte l'aventure dans un livre... écrit en français: Histoire de ma fuite des prisons de la République de Venise, publié en 1788. Le Vénitien le plus célèbre de son siècle a choisi la langue de Voltaire pour se moquer de ses geôliers.

Aujourd'hui, les visiteurs du palais traversent ce pont dans le même sens que les prisonniers, et jettent le même regard à travers les grilles... vers toi. Fais-leur un signe, peut-être. Puis continue sur la Riva degli Schiavoni, la grande promenade au bord du bassin, et arrête-toi quelques pas plus loin devant un palais gothique rose aux fenêtres en ogive.

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