Santa Cecilia in Trastevere : la sainte de marbre

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Passe le portail et entre dans la cour: un jardin calme, avec un grand vase antique au milieu, puis une façade du XVIIIe siècle et un campanile roman légèrement penché. Le bruit du Trastevere s'éteint d'un coup.

Key Facts

PlaceSanta Cecilia in Trastevere : la sainte de marbre
AddressPiazza di Santa Cecilia 22, 00153 Roma RM, Italy
Geo Coordinates41.88760, 12.47590
Part of WalkTrastevere secret et le Janicule : de l'île Tibérine au balcon de Rome
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Passe le portail et entre dans la cour: un jardin calme, avec un grand vase antique au milieu, puis une façade du XVIIIe siècle et un campanile roman légèrement penché. Le bruit du Trastevere s'éteint d'un coup. Ici repose, selon la tradition, une jeune femme dont la mort a inspiré l'une des statues les plus émouvantes de Rome.

Cécile était une jeune Romaine chrétienne, de famille noble. Selon sa légende, elle aurait converti son mari, Valérien, le soir même de leurs noces. Condamnée, elle est enfermée dans le bain de vapeur de sa propre maison pour y mourir étouffée. Elle survit. On envoie alors un bourreau: il frappe trois fois sans parvenir à lui trancher la tête, et elle agonise encore trois jours. Parce que son récit dit qu'elle chantait Dieu dans son cœur, elle est devenue la patronne des musiciens.

En 1599, le cardinal Sfondrato fait ouvrir son tombeau sous l'autel. Les témoins affirment avoir trouvé le corps intact, couché sur le côté, le visage tourné vers le sol. Le jeune sculpteur Stefano Maderno le reproduit en marbre blanc, exactement dans cette position. Approche-toi de l'autel: tu verras l'entaille sur le cou, et ses mains... trois doigts tendus sur l'une, un seul sur l'autre. Trois personnes, un seul Dieu: elle serait morte en affirmant la Trinité.

Mais le vrai secret de Santa Cecilia est caché à l'étage. Dans le chœur des religieuses bénédictines, survit un grand fragment de fresque peint vers 1293 par Pietro Cavallini: un Jugement dernier. Les apôtres y ont des visages vivants, modelés par la lumière, et les ailes des anges passent du rouge au vert, plume après plume. Quelques années avant Giotto, Rome inventait déjà la peinture moderne. La fresque est longtemps restée cachée derrière les stalles, et on ne la découvre qu'en passant par le monastère.

En sortant, pense aux fidèles qui viennent ici depuis seize siècles prier sur la tombe d'une jeune femme qui chantait. Puis prends la direction du sud-ouest, vers l'ancien port fluvial de Ripa Grande: une église franciscaine y cache un chef-d'œuvre tardif du Bernin.

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