Passage Choiseul : Céline, Verlaine et Offenbach
Why is it significant?
Ici, pas de dorures: le passage Choiseul est long, populaire, un peu bruyant, avec sa haute verrière et ses boutiques qui vendent de tout, les unes derrière les autres. Il a ouvert en 1827 et file sur près de deux cents mètres, l'un des plus longs de Paris.
Key Facts
| Place | Passage Choiseul : Céline, Verlaine et Offenbach |
|---|---|
| Address | 40 Rue des Petits-Champs, 75002 Paris, France |
| Geo Coordinates | 48.86740, 2.33550 |
| Part of Walk | Paris sous verrière : passages couverts, Palais-Royal et galerie Vivienne |
| Generated | Generated |
Ici, pas de dorures: le passage Choiseul est long, populaire, un peu bruyant, avec sa haute verrière et ses boutiques qui vendent de tout, les unes derrière les autres. Il a ouvert en 1827 et file sur près de deux cents mètres, l'un des plus longs de Paris. C'est le passage de la vie ordinaire, et c'est pour ça qu'il est si attachant.
Dans les années 1860, un éditeur, Alphonse Lemerre, ouvre sa librairie dans le passage. Il publie de jeunes poètes qui se réunissent dans son arrière-boutique: Leconte de Lisle, José-Maria de Heredia, Sully Prudhomme... et un certain Paul Verlaine, dont il édite le premier recueil, les Poèmes saturniens, en 1866. C'est le Parnasse, et pendant quelques années, la poésie française s'est écrite à quelques mètres d'ici.
Un peu plus tard, une mère tient une boutique de dentelles dans ce passage, et son petit garçon grandit dans l'odeur du gaz et la lumière grise de la verrière. Il s'appelle Louis-Ferdinand Destouches. Devenu Céline, il décrit le passage, rebaptisé passage des Bérésinas, dans Mort à crédit, comme une cloche étouffante où l'on suffoque. Génie de la langue et antisémite virulent, Céline reste l'un des écrivains les plus dérangeants de France, et c'est ici qu'il a appris à regarder.
Cherche aussi, sur le côté, une porte de théâtre: c'est une entrée des Bouffes-Parisiens, la salle de Jacques Offenbach. C'est là qu'il a créé, en 1858, Orphée aux Enfers et son galop infernal, que le monde entier connaît aujourd'hui comme la musique du french cancan. Les soirs de première, le passage se remplissait de crinolines, de hauts-de-forme et de rires.
Laisse-toi porter jusqu'au bout du passage, rue Saint-Augustin. De là, marche vers l'est, remonte la rue Vivienne, puis tourne à droite dans la rue Saint-Marc. Une galerie plus ancienne que toutes les autres t'y attend, celle où Paris a vu, pour la première fois, briller le gaz.