Hôtel de Soubise : la cour en fer à cheval et les trésors des Archives
Why is it significant?
Passe le grand portail du 60 rue des Francs-Bourgeois et prends ton temps: devant toi s'ouvre une immense cour en fer à cheval, bordée d'une colonnade, avec au fond un palais à colonnes surmonté de statues. C'est la cour d'honneur de l'hôtel de Soubise, l'une des plus grandioses de Paris.
Key Facts
| Place | Hôtel de Soubise : la cour en fer à cheval et les trésors des Archives |
|---|---|
| Address | 60 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris, France |
| Geo Coordinates | 48.86000, 2.35760 |
| Part of Walk | Le Marais des hôtels particuliers : Paris entre cour et jardin, du Grand Siècle à la Révolution |
| Generated | Generated |
Passe le grand portail du 60 rue des Francs-Bourgeois et prends ton temps: devant toi s'ouvre une immense cour en fer à cheval, bordée d'une colonnade, avec au fond un palais à colonnes surmonté de statues. C'est la cour d'honneur de l'hôtel de Soubise, l'une des plus grandioses de Paris.
Le palais est construit à partir de 1705, toujours par Delamair, pour François de Rohan, prince de Soubise, et son épouse Anne de Rohan-Chabot. D'où vient tant d'argent ? Toute la cour avait son idée: Anne aurait été l'une des maîtresses de Louis XIV, et les faveurs du roi auraient payé les colonnes. Le cardinal du palais voisin, c'était son fils. Voilà pourquoi les deux demeures se touchent et partagent leurs jardins.
Mais fais quelques pas jusqu'à l'angle de la rue des Archives: tu y trouveras une porte fortifiée flanquée de deux tourelles, bien plus ancienne. C'est le portail de l'hôtel du connétable Olivier de Clisson, construit vers 1380. Plus tard, la maison passe aux Guise, chefs du parti catholique pendant les guerres de Religion, et l'on raconte que le massacre de la Saint-Barthélemy, en 1572, s'y est en partie préparé. Le palais de Soubise a englouti tout cela, comme un gâteau à plusieurs étages.
À l'intérieur, à l'étage, se cachent les appartements de la princesse, décorés dans les années 1730 par Germain Boffrand: un salon ovale tout en boiseries blanches et or, avec des toiles de Natoire qui racontent l'histoire de Psyché. C'est l'un des chefs-d'œuvre du style rocaille, ce moment où l'architecture française s'est mise à onduler.
En 1808, Napoléon installe ici les Archives de l'Empire, et elles ne sont jamais reparties. Dans ces murs dorment des documents vertigineux: l'édit de Nantes, le testament de Louis XIV, et le journal de Louis XVI où, à la date du 14 juillet 1789, le roi a noté un seul mot: rien. Il parlait de sa chasse. Remonte maintenant la rue des Archives vers le nord: un peu plus haut, un hôtel discret abrite des cerfs, des sangliers et une licorne.