Hôtel d'Albret : là où la veuve Scarron rencontra son destin
Why is it significant?
Arrête-toi devant le numéro 31: une façade sage, rythmée, élégante sans tapage. L'hôtel d'Albret ne se donne pas en spectacle. Mais c'est dans ses salons, au XVIIe siècle, que s'est nouée l'une des ascensions les plus improbables de l'histoire de France.
Key Facts
| Place | Hôtel d'Albret : là où la veuve Scarron rencontra son destin |
|---|---|
| Address | 31 rue des Francs-Bourgeois, 75004 Paris, France |
| Geo Coordinates | 48.85740, 2.36070 |
| Part of Walk | Le Marais des hôtels particuliers : Paris entre cour et jardin, du Grand Siècle à la Révolution |
| Generated | Generated |
Arrête-toi devant le numéro 31: une façade sage, rythmée, élégante sans tapage. L'hôtel d'Albret ne se donne pas en spectacle. Mais c'est dans ses salons, au XVIIe siècle, que s'est nouée l'une des ascensions les plus improbables de l'histoire de France.
L'hôtel remonte au XVIe siècle et au connétable Anne de Montmorency, mais il porte le nom de ses propriétaires du Grand Siècle, le maréchal d'Albret et son épouse, qui y tiennent un salon recherché. On y parle littérature, politique et amours, et on y croise une habituée pas comme les autres: Françoise d'Aubigné, petite-fille d'un poète protestant, née dans une prison, veuve du poète paralysé Paul Scarron. Elle n'a ni argent ni titre. Juste de l'esprit, de la tenue et une réputation sans tache.
C'est ici, raconte-t-on, qu'elle se lie avec une autre habituée, la flamboyante marquise de Montespan. Quelques années plus tard, Montespan devient la favorite du roi et cherche une gouvernante discrète pour élever en secret les enfants qu'elle a de lui. Elle pense à la veuve Scarron. La gouvernante fait si bien son travail que le roi finit par la remarquer, la fait marquise de Maintenon... et l'épouse en secret, vers 1683, quand la Montespan est déjà tombée en disgrâce.
Maintenant, regarde de l'autre côté de la rue, à l'angle de la rue Pavée: l'hôtel Lamoignon. Ses immenses pilastres montent sur toute la hauteur de la façade, l'un des tout premiers ordres colossaux de Paris. Il a été bâti à la fin du XVIe siècle pour Diane de France, fille légitimée d'Henri II, et elle y a semé ses emblèmes de chasseresse: croissants de lune, arcs, carquois, chiens. Aujourd'hui, c'est la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
Deux maisons face à face, deux femmes aux destins de roman: une fille de roi qui réconcilia Henri III et le futur Henri IV, et une orpheline qui finit reine sans couronne. L'hôtel d'Albret, lui, abrite aujourd'hui des services culturels de la Ville. Remonte vers le nord par la rue Payenne, longe ses jardins, puis gagne la rue de Thorigny: au numéro 5, un collecteur d'impôt sur le sel t'attend.