Hôtel de Guénégaud : le seul Mansart intact de Paris
Why is it significant?
Rue des Archives, regarde cette façade toute simple: pas de colonnes, pas de dorures, presque pas de sculptures. Juste des proportions parfaites, un grand toit à la française, un jeu subtil de pleins et de vides. Après la pompe de Soubise, on pourrait passer devant sans s'arrêter.
Key Facts
| Place | Hôtel de Guénégaud : le seul Mansart intact de Paris |
|---|---|
| Address | 62 rue des Archives, 75003 Paris, France |
| Geo Coordinates | 48.86130, 2.35880 |
| Part of Walk | Le Marais des hôtels particuliers : Paris entre cour et jardin, du Grand Siècle à la Révolution |
| Generated | Generated |
Rue des Archives, regarde cette façade toute simple: pas de colonnes, pas de dorures, presque pas de sculptures. Juste des proportions parfaites, un grand toit à la française, un jeu subtil de pleins et de vides. Après la pompe de Soubise, on pourrait passer devant sans s'arrêter. Ce serait une erreur.
Car cet hôtel est signé François Mansart, l'architecte le plus exigeant du Grand Siècle, celui qui a donné son nom aux mansardes. Il le construit au début des années 1650 pour Jean-François de Guénégaud des Brosses. Mansart était si perfectionniste qu'il lui arrivait de faire démolir ce qu'il venait de bâtir pour recommencer, et plus d'un client a fui. De toutes ses demeures parisiennes, c'est la seule qui nous soit parvenue à peu près intacte.
Et pourtant, elle a bien failli disparaître. Au XXe siècle, l'hôtel est délabré, occupé par des ateliers et des logements, menacé comme tant d'autres dans un Marais alors sale, surpeuplé, oublié. Il est sauvé dans les années 1960 par la Ville de Paris et par un couple passionné, François et Jacqueline Sommer, qui le restaurent et y installent le musée de la Chasse et de la Nature, ouvert en 1967.
Si tu entres, prépare-toi à un musée qui ne ressemble à aucun autre: des armes ciselées comme des bijoux, des tableaux de Chardin, de Desportes et d'Oudry, des trophées, un plafond tapissé de plumes de chouette signé Jan Fabre, et une salle où trône une licorne. On y parle moins de tuer les bêtes que du lien, ancien et trouble, entre les humains et les animaux.
Retourne-toi une dernière fois vers le sud. En deux kilomètres et demi, tu es passé d'un palais d'archevêque du Moyen Âge au balcon d'une femme de chambre royale, de la place d'Henri IV au salon rocaille d'une princesse, du collier de la reine aux archives de la Révolution. Tous ces hôtels ont failli disparaître, et tous sont encore debout, parce qu'un jour quelqu'un a décidé que les vieilles pierres du Marais valaient mieux que des bulldozers. Le métro Rambuteau est tout près... mais rien ne t'empêche de te perdre encore un peu, entre cour et jardin.