Hôpital Saint-Louis, le château contre la peste
Why is it significant?
Passe le porche et entre dans la grande cour carrée: des pavillons de brique rose et de pierre blanche, des toits d'ardoise très pentus, une pelouse bordée d'arbres. On se croirait place des Vosges. Et pour cause: c'est la même époque, le même roi, le même goût.
Key Facts
| Place | Hôpital Saint-Louis, le château contre la peste |
|---|---|
| Address | 1 Avenue Claude-Vellefaux, 75010 Paris, France |
| Geo Coordinates | 48.87400, 2.36830 |
| Part of Walk | Paris secret de l'Est : le canal Saint-Martin, les Buttes-Chaumont et Belleville |
| Generated | Generated |
Passe le porche et entre dans la grande cour carrée: des pavillons de brique rose et de pierre blanche, des toits d'ardoise très pentus, une pelouse bordée d'arbres. On se croirait place des Vosges. Et pour cause: c'est la même époque, le même roi, le même goût. Regarde les chaînages de pierre blanche aux angles, les lucarnes, les hautes cheminées: la brique pour l'économie, la pierre pour l'élégance, c'est le style Henri IV dans toute sa simplicité.
Nous sommes en 1607. Paris sort d'épidémies de peste à répétition, et l'Hôtel-Dieu, débordé, répand la contagion plus qu'il ne la soigne. Henri IV décide de bâtir un hôpital à part, loin du centre, en pleins champs, pour isoler les malades. Il le dédie à Saint Louis, le roi Louis IX, mort de maladie devant Tunis en 1270... de la peste, croyait-on à l'époque.
Tout est pensé pour tenir l'épidémie à distance: des bâtiments disposés autour d'une vaste cour pour laisser circuler l'air, une enceinte pour séparer les malades de la ville, des terrains libres tout autour. On attribue les plans à Claude Vellefaux, dont l'avenue voisine porte le nom. Quatre siècles plus tard, le quadrilatère est toujours là, presque intact, alors que la ville a fini par l'encercler de toutes parts.
Avec le temps, l'hôpital s'est spécialisé dans les maladies de la peau, et il est devenu une référence de la dermatologie. Il abrite même un musée stupéfiant: des milliers de moulages en cire, réalisés au XIXe et au début du XXe siècle pour former les médecins, reproduisant les maladies avec un réalisme qui glace le sang. Pas pour les âmes sensibles... mais fascinant.
La cour est l'un des secrets les mieux gardés du dixième arrondissement: un jardin de quatre siècles, à quelques mètres des urgences modernes. Parle doucement, c'est toujours un hôpital. Ressors, retrouve le canal et remonte-le vers le nord jusqu'à l'écluse suivante, celle qui porte un nom à faire frémir.