Plaza Mayor : le grand théâtre des Habsbourg

Why is it significant?

Passe sous l'arcade et laisse la place s'ouvrir devant toi: un immense rectangle fermé de tous côtés, des façades rouges, des centaines de balcons de fer noir, et au centre un roi à cheval. Le bruit de la rue s'arrête net.

Key Facts

PlacePlaza Mayor : le grand théâtre des Habsbourg
AddressPlaza Mayor, 28012 Madrid, Spain
Geo Coordinates40.41550, -3.70720
Part of WalkLe Madrid des Austrias : de la Puerta del Sol au Palais royal
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Passe sous l'arcade et laisse la place s'ouvrir devant toi: un immense rectangle fermé de tous côtés, des façades rouges, des centaines de balcons de fer noir, et au centre un roi à cheval. Le bruit de la rue s'arrête net. Tu es sur la Plaza Mayor, le grand salon des Habsbourg d'Espagne, ceux qu'on appelle ici les Austrias.

Avant elle, il y avait là une place de marché boueuse, hors des murs, la plaza del Arrabal. Philippe III charge l'architecte Juan Gómez de Mora de la transformer, et la place est achevée en 1619. Le bâtiment aux fresques colorées, au nord, c'est la Casa de la Panadería, la maison de la boulangerie: elle contrôlait le commerce du pain, et ses balcons servaient de loge royale pendant les fêtes. Les peintures qui la couvrent sont récentes, elles datent de 1992.

Cette place était un théâtre, au sens propre. On y a couru des taureaux, célébré des canonisations, proclamé des rois... et organisé des autodafés de l'Inquisition, ces cérémonies où les condamnés entendaient leur sentence devant la foule. Le plus célèbre, en 1680, a duré une journée entière, sous les yeux du jeune roi Charles II. Les bûchers, eux, brûlaient hors des murs. Mais la place a aussi vu des exécutions: en 1621, Rodrigo Calderón, ancien favori tombé en disgrâce, y est décapité avec une telle dignité que les Espagnols disent encore de quelqu'un de très fier qu'il a plus d'orgueil que don Rodrigo sur l'échafaud.

La place a brûlé trois fois, en 1631, en 1670 et en 1790. Après le dernier incendie, Juan de Villanueva, l'architecte du Prado, la reconstruit en abaissant les façades et en fermant les angles. La statue équestre de Philippe III n'est arrivée au centre qu'en 1848. On raconte qu'en 1931, un pétard glissé dans la bouche du cheval l'a fait éclater... et qu'on a trouvé dans son ventre des centaines de squelettes de moineaux, entrés par cette bouche ouverte et incapables d'en ressortir.

Aujourd'hui, le rituel le plus sacré de la place est beaucoup plus pacifique: le bocadillo de calamares, un sandwich aux calmars frits que les Madrilènes mangent debout, sans cérémonie. Pour continuer, sors par le côté ouest de la place: à quelques pas, une halle de fer et de verre t'attend, pleine d'odeurs.

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