Basílica de Jesús de Medinaceli : le Christ racheté aux corsaires
Why is it significant?
Sur cette petite place tranquille se dresse une basilique de brique, sans grande prétention. Pourtant, certains vendredis, la file d'attente fait le tour du pâté de maisons, et des milliers de Madrilènes patientent des heures pour embrasser le pied d'une statue.
Key Facts
| Place | Basílica de Jesús de Medinaceli : le Christ racheté aux corsaires |
|---|---|
| Address | Plaza de Jesús 2, 28014 Madrid, Spain |
| Geo Coordinates | 40.41430, -3.69530 |
| Part of Walk | Madrid littéraire : Cervantès, Lope de Vega et le Quartier des Lettres |
| Generated | Generated |
Sur cette petite place tranquille se dresse une basilique de brique, sans grande prétention. Pourtant, certains vendredis, la file d'attente fait le tour du pâté de maisons, et des milliers de Madrilènes patientent des heures pour embrasser le pied d'une statue.
Cette statue, c'est le Christ de Medinaceli, un Christ de bois sculpté au XVIIe siècle. Son histoire est un vrai roman d'aventures. Il est emporté dans un fort espagnol de la côte marocaine, la Mamora. En 1681, le fort tombe aux mains du sultan Moulay Ismaïl, et la statue est emmenée comme butin à Meknès. L'année suivante, des religieux trinitaires la rachètent et la ramènent à Madrid, dans leur couvent fondé ici grâce au duc de Medinaceli.
La légende ajoute un détail fabuleux. Le sultan aurait exigé le poids de la statue en or. On la pose sur la balance... et elle ne pèse presque rien, l'équivalent de trente pièces, comme les trente deniers de Judas. Une histoire trop belle pour être vraie, mais que tout Madrid connaît.
Si cette basilique a sa place dans une promenade littéraire, c'est à cause de ces Trinitaires. Depuis le Moyen Âge, leur mission est de racheter les chrétiens captifs en Afrique du Nord. Et leur plus célèbre client s'appelle Miguel de Cervantes. En 1575, au retour de la guerre, sa galère est capturée par des corsaires. Il passe cinq ans comme esclave à Alger, tente quatre fois de s'évader, échoue quatre fois. En 1580, un frère trinitaire réunit enfin la rançon, cinq cents écus d'or, et le libère.
Sans ces religieux, pas de Don Quichotte. Cervantès ne l'a jamais oublié: il a demandé à être enterré chez les religieuses trinitaires, à deux rues d'ici. Et la captivité traverse son œuvre, jusque dans un chapitre du Quichotte où un captif raconte son évasion d'Alger. Reprends la Calle de Lope de Vega vers l'ouest. Le couvent de brique au long mur aveugle, quelques dizaines de mètres plus loin, c'est là que repose Cervantès.