Westminster Bridge : Big Ben, le Blitz et Monet

Why is it significant?

Avance jusqu'au milieu du pont de Westminster, peint en vert comme les banquettes de la Chambre des communes, et retourne-toi. Sur la rive, le palais de Westminster étire sa dentelle gothique sur près de trois cents mètres, et au bout se dresse la tour de l'horloge. Tout le monde l'appelle Big Ben.

Key Facts

PlaceWestminster Bridge : Big Ben, le Blitz et Monet
AddressWestminster Bridge, Westminster Bridge Road, London SE1 7PB, United Kingdom
Geo Coordinates51.50080, -0.12100
Part of WalkLe Londres de la France libre : de Gaulle, Churchill et Westminster
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Avance jusqu'au milieu du pont de Westminster, peint en vert comme les banquettes de la Chambre des communes, et retourne-toi. Sur la rive, le palais de Westminster étire sa dentelle gothique sur près de trois cents mètres, et au bout se dresse la tour de l'horloge. Tout le monde l'appelle Big Ben. En fait, Big Ben, c'est la cloche, plus de treize tonnes de bronze. La tour, elle, s'appelle Elizabeth Tower depuis 2012.

Dans la nuit du 10 au 11 mai 1941, la dernière grande nuit du Blitz, la Chambre des communes brûle entièrement, et la tour de l'horloge est touchée. Pourtant, Big Ben continue de sonner. Ses coups, retransmis par la BBC avant les bulletins d'information, étaient devenus dans toute l'Europe occupée le signal que Londres tenait toujours.

Quand on reconstruit la Chambre après la guerre, Churchill exige qu'elle reste petite et rectangulaire, trop petite même pour asseoir tous les députés: selon lui, nous façonnons nos bâtiments, puis nos bâtiments nous façonnent, et un débat doit rester serré, vif, face à face. À l'entrée de la Chambre, on a conservé une arche de pierres abîmées par l'incendie: on l'appelle l'arche Churchill.

Regarde maintenant de l'autre côté du fleuve, l'hôpital St Thomas, juste en face du Parlement. Entre 1899 et 1901, un peintre français déjà célèbre installe là son chevalet, sur une terrasse de l'hôpital: Claude Monet. Il peint le Parlement encore et encore, à l'aube, au couchant, dans le brouillard, près de vingt toiles où la pierre se dissout dans une lumière violette. Monet connaissait Londres depuis longtemps: il y avait trouvé refuge en 1870, fuyant la guerre franco-prussienne.

Pense au chemin parcouru: une radio qui parlait à des millions de Français cachés, une maison de Carlton Gardens où l'on refaisait la France, un bunker, une tombe sans nom... et pour finir, un exilé de 1870 revenu peindre le Parlement de son ancien refuge. Londres a souvent abrité les Français qui ne pouvaient plus vivre chez eux. La promenade s'achève ici, au-dessus de la Tamise: attends que Big Ben sonne l'heure, et écoute-la comme on l'écoutait en 1943, l'oreille collée au poste.

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