Rossio : autodafés, Candide et la place des vagues
Why is it significant?
Te voilà sur le Rossio, la grande place vivante de la Baixa, avec ses deux fontaines de bronze, sa haute colonne, et ce pavage noir et blanc en ondulations qui donne presque le mal de mer quand on le fixe trop longtemps. Au nord, un théâtre néoclassique à colonnes ferme la place comme un temple.
Key Facts
| Place | Rossio : autodafés, Candide et la place des vagues |
|---|---|
| Address | Praça Dom Pedro IV, 1100-200 Lisboa, Portugal |
| Geo Coordinates | 38.71380, -9.13930 |
| Part of Walk | Lisbonne après le séisme de 1755 : la Baixa pombaline et le Chiado, sur les pas de Voltaire |
| Generated | Generated |
Te voilà sur le Rossio, la grande place vivante de la Baixa, avec ses deux fontaines de bronze, sa haute colonne, et ce pavage noir et blanc en ondulations qui donne presque le mal de mer quand on le fixe trop longtemps. Au nord, un théâtre néoclassique à colonnes ferme la place comme un temple.
Ce théâtre, le Teatro Nacional D. Maria II, a été construit dans les années 1840 à l'emplacement du palais des Estaus, qui fut pendant plus de deux siècles le siège de l'Inquisition portugaise. Sur cette place, des autodafés ont été célébrés devant la foule: lecture des sentences, processions de condamnés vêtus d'habits d'infamie, et pour certains, la mort sur le bûcher. Juifs convertis accusés de judaïser en secret, hérétiques, prétendus sorciers...
Voltaire a fait de ces cérémonies une scène de Candide, publié en 1759. Son héros arrive à Lisbonne avec son maître Pangloss en plein tremblement de terre. Et pour empêcher la terre de trembler de nouveau, les sages du pays décident... d'offrir au peuple un bel autodafé. Pangloss est pendu, Candide fouetté en cadence pendant qu'on chante. Le jour même, la terre tremble encore. L'ironie est féroce: elle vise la superstition autant que la philosophie qui prétend que tout est pour le mieux.
Le séisme a ravagé la place, et le Rossio pombalin a été reconstruit avec des façades régulières. La colonne centrale porte depuis 1870 la statue du roi Pedro IV, qui fut aussi le premier empereur du Brésil. Une rumeur tenace prétend qu'il s'agirait en réalité d'une statue de Maximilien, l'éphémère empereur du Mexique, achetée d'occasion en France... les historiens la jugent infondée, mais les Lisboètes adorent la répéter.
Regarde maintenant vers le coin nord-ouest de la place: une façade étrange, toute en dentelle de pierre, avec deux grands portails en fer à cheval. On dirait un palais du XVIe siècle... et pourtant, c'est une gare. Va la voir de plus près.