Estação do Rossio : la gare néo-manuéline

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Plante-toi face à cette façade: deux grands portails en fer à cheval, des fenêtres ciselées, des cordages de pierre, une horloge, des tourelles. On jurerait un palais du temps des caravelles. C'est pourtant une gare de chemin de fer, construite à la fin du XIXe siècle: la gare du Rossio.

Key Facts

PlaceEstação do Rossio : la gare néo-manuéline
AddressRua 1.º de Dezembro, 1200 Lisboa, Portugal
Geo Coordinates38.71420, -9.14090
Part of WalkLisbonne après le séisme de 1755 : la Baixa pombaline et le Chiado, sur les pas de Voltaire
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Plante-toi face à cette façade: deux grands portails en fer à cheval, des fenêtres ciselées, des cordages de pierre, une horloge, des tourelles. On jurerait un palais du temps des caravelles. C'est pourtant une gare de chemin de fer, construite à la fin du XIXe siècle: la gare du Rossio.

Son architecte, José Luís Monteiro, l'a dessinée dans le style néo-manuélin, une imitation de ce gothique marin que tu as vu en début de balade sur le vrai portail de la Conceição Velha. À l'époque, le Portugal se cherchait une fierté: face aux grandes puissances qui se partageaient l'Afrique, il ressortait la mémoire des découvertes, de Vasco da Gama et des caravelles. Gares, palais, banques se sont mis à porter des cordages sculptés.

Cette gare a été inaugurée en 1890, l'année même d'une humiliation nationale: un ultimatum britannique qui obligea le Portugal à renoncer à son rêve de relier l'Angola au Mozambique. En réaction, un chant patriotique est né cette année-là, A Portuguesa... qui deviendra plus tard l'hymne national. La façade de la gare respire ce mélange de fierté blessée et de nostalgie glorieuse.

Derrière ce décor historique se cache une vraie prouesse moderne. Les quais ne sont pas au niveau de la rue, mais plusieurs étages plus haut, à la sortie d'un tunnel de plus de deux kilomètres et demi creusé sous la ville, jusqu'à Campolide. Les trains de la ligne de Sintra arrivent ainsi en plein cœur de Lisbonne, en passant sous les collines. Si tu montes à l'intérieur, tu découvriras derrière la dentelle de pierre une grande halle de fer et de verre, très XIXe siècle.

Pour la suite, il va falloir grimper. Prends, le long du flanc de la gare, la Calçada do Carmo et ses escaliers raides: c'est une vraie montée, prends ton temps. En haut t'attend un couvent sans toit, dont les arcs gothiques se découpent sur le ciel depuis 1755.

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