Elevador da Bica
Why is it significant?
Lève les yeux vers cette ruelle qui grimpe comme une échelle, linge suspendu d'un balcon à l'autre, rails au milieu des pavés, et ce petit wagon jaune qui monte et descend en grinçant. C'est l'Elevador da Bica, l'un des funiculaires de Lisbonne, en service depuis 1892.
Key Facts
| Place | Elevador da Bica |
|---|---|
| Address | Rua de São Paulo 234, 1200 Lisboa, Portugal |
| Geo Coordinates | 38.70850, -9.14660 |
| Part of Walk | Lisbonne de Pessoa : Bairro Alto, Príncipe Real et les écrivains de la ville haute |
| Generated | Generated |
Lève les yeux vers cette ruelle qui grimpe comme une échelle, linge suspendu d'un balcon à l'autre, rails au milieu des pavés, et ce petit wagon jaune qui monte et descend en grinçant. C'est l'Elevador da Bica, l'un des funiculaires de Lisbonne, en service depuis 1892.
Il a été conçu par Raoul Mesnier du Ponsard, un ingénieur né à Porto dans une famille d'origine française, à qui Lisbonne doit plusieurs de ses ascenseurs. La rue qu'il remonte, la Rua da Bica de Duarte Belo, est née d'un glissement de terrain à la fin du XVIe siècle, qui a éventré la colline. Et le nom de Bica viendrait d'une fontaine, d'un filet d'eau qui coulait ici. Aujourd'hui, à Lisbonne, une bica, c'est aussi un petit café serré. La légende veut que ce soit l'abréviation de bebe isto com açúcar, bois ça avec du sucre... c'est joli, mais personne ne l'a jamais prouvé.
Ce quartier a gardé son âme de village. En juin, pour les fêtes de Saint-Antoine, la ruelle se couvre de guirlandes, de sardines grillées et de musique, et les voisins installent des tables jusque sur les rails. Le reste de l'année, on y entend parfois un fado chanté par la fenêtre ouverte.
C'est à des rues comme celle-ci que pense Álvaro de Campos, l'hétéronyme le plus tourmenté de Pessoa, quand il écrit Lisbon Revisited. Encore une fois je te revois, ville de mon enfance effroyablement perdue... Campos est un ingénieur naval formé à Glasgow, fou de machines et de vitesse, et pourtant chaque retour à Lisbonne le désespère: la ville est la même, c'est lui qui a changé.
Remarque aussi comme la pente est réelle: ici, cent mètres de distance, c'est souvent une vraie montée. Prends le funiculaire ou grimpe à pied le long des rails, puis, en haut, oblique vers l'ouest par la Rua Marechal Saldanha: au bout, une terrasse s'ouvre sur le fleuve, gardée par un géant de pierre.