A Brasileira et Largo de Camões : les deux poètes

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Te voici sur le Largo de Camões, une place aérée au sommet du Chiado, où les pigeons se posent sans gêne sur la tête du poète. Luís de Camões se dresse sur son socle, l'épée au côté, entouré de huit statues plus petites d'écrivains et de chroniqueurs.

Key Facts

PlaceA Brasileira et Largo de Camões : les deux poètes
AddressPraça Luís de Camões, 1200-243 Lisboa, Portugal
Geo Coordinates38.71060, -9.14340
Part of WalkLisbonne après le séisme de 1755 : la Baixa pombaline et le Chiado, sur les pas de Voltaire
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Te voici sur le Largo de Camões, une place aérée au sommet du Chiado, où les pigeons se posent sans gêne sur la tête du poète. Luís de Camões se dresse sur son socle, l'épée au côté, entouré de huit statues plus petites d'écrivains et de chroniqueurs. Juste avant d'arriver, tu as croisé la terrasse d'A Brasileira et son poète de bronze.

Ce bronze, c'est Fernando Pessoa, assis à une table, une chaise libre à côté de lui pour les photos. A Brasileira a ouvert en 1905 pour vendre le café du Brésil, et elle est devenue le salon des artistes et des écrivains. Pessoa y passait, comme il passait au Martinho da Arcada, sur la Praça do Comércio. Il a écrit sous des dizaines de noms, ses hétéronymes, chacun avec sa biographie et son style, et n'a publié de son vivant qu'un seul recueil en portugais, Message.

Camões, lui, est le poète national, l'auteur des Lusiades, publiées en 1572, l'épopée des navigateurs portugais. Sa statue a été inaugurée en 1867. On raconte qu'il aurait sauvé son manuscrit à la nage lors d'un naufrage à l'embouchure du Mékong, en tenant le texte hors de l'eau... une histoire qu'il évoque lui-même dans son poème. Et le 10 juin, jour anniversaire de sa mort, est aujourd'hui la fête nationale du Portugal.

Cette place a un sens de plus pour notre balade: c'est une frontière. Derrière Camões commence le Bairro Alto, le quartier haut, qui a bien mieux résisté au séisme de 1755 que la Baixa, sur son sol plus ferme. D'un côté, la ville rasée puis redessinée au cordeau; de l'autre, le vieux lacis de ruelles d'avant la catastrophe. Tu te tiens exactement sur la ligne de partage entre deux Lisbonne.

Voltaire n'est jamais venu à Lisbonne. Mais s'il avait pu marcher ici, de la Conceição Velha jusqu'à Camões, il aurait peut-être trouvé la réponse que ni lui ni Rousseau n'avaient: une ville ne répond pas à la question du malheur, elle reconstruit. Assieds-toi un instant sur un banc de la place... la balade s'achève ici, au-dessus de la Baixa que Pombal a fait renaître.

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