Santa Maria del Carmine et la chapelle Brancacci
Why is it significant?
Devant toi, la façade nue de Santa Maria del Carmine, un mur de pierre brute qui n'a jamais reçu son habit de marbre. Rien n'annonce le trésor. Et pourtant, dans le transept droit, la chapelle Brancacci a servi d'école à tous les peintres de la Renaissance.
Key Facts
| Place | Santa Maria del Carmine et la chapelle Brancacci |
|---|---|
| Address | Piazza del Carmine 14, 50124 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.76800, 11.24380 |
| Part of Walk | Florence, l'Oltrarno de Marie de Médicis : Masaccio, Pitti et les jardins de Boboli |
| Generated | Generated |
Devant toi, la façade nue de Santa Maria del Carmine, un mur de pierre brute qui n'a jamais reçu son habit de marbre. Rien n'annonce le trésor. Et pourtant, dans le transept droit, la chapelle Brancacci a servi d'école à tous les peintres de la Renaissance. Vers 1424, le riche marchand de soie Felice Brancacci fait décorer la chapelle familiale par deux peintres: Masolino, déjà réputé, et un jeune homme de vingt-deux ans qu'on surnomme Masaccio.
Masaccio, c'est quelque chose comme « Tommaso le mal dégrossi », et il peint comme personne avant lui. Regarde, si tu entres, Adam et Ève chassés du Paradis. Ève hurle, la bouche ouverte comme une plaie, Adam cache son visage dans ses mains. Pas de décor, pas de dorure, seulement deux corps qui ont honte et qui ont mal. La lumière semble venir de la vraie fenêtre de la chapelle, et les ombres tombent dans le bon sens.
Pendant près de trois siècles, pourtant, Adam et Ève ont porté des feuilles... de figuier, ajoutées par pudeur à l'époque baroque. Il a fallu la grande restauration des années 1980 pour les enlever, et pour retirer aussi la crasse des cierges et la fumée de l'incendie de 1771, qui a ravagé presque toute l'église. Miracle: la chapelle a survécu, noircie mais debout.
L'histoire, elle, a été moins tendre. Masaccio part pour Rome et y meurt en 1428, à vingt-six ans, laissant les fresques inachevées. Felice Brancacci, ennemi des Médicis, est exilé dans les années 1430. Ce n'est qu'un demi-siècle plus tard que Filippino Lippi termine le cycle. Entre-temps, tous viennent copier Masaccio, Michel-Ange le premier. C'est même ici, selon le récit qu'en fit Pietro Torrigiano à Benvenuto Cellini, que Torrigiano, agacé par les moqueries du jeune Michel-Ange, lui cassa le nez d'un coup de poing.
Ce nez écrasé, tu le reconnaîtras sur tous les portraits de Michel-Ange. Et justement, c'est un Michel-Ange de dix-sept ans qui t'attend à l'étape suivante. Traverse la place, prends vers l'est la Via Sant'Agostino, et débouche sur la Piazza Santo Spirito, avec sa façade crème toute simple et ses arbres.