Casa Guidi : la fenêtre des Browning
Why is it significant?
Lève les yeux vers les fenêtres du premier étage de cette maison d'angle, face à l'église de San Felice. Une plaque y rappelle une femme qui, de ces fenêtres, regardait passer l'histoire.
Key Facts
| Place | Casa Guidi : la fenêtre des Browning |
|---|---|
| Address | Piazza San Felice 8, 50125 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.76530, 11.24840 |
| Part of Walk | Florence, l'Oltrarno de Marie de Médicis : Masaccio, Pitti et les jardins de Boboli |
| Generated | Generated |
Lève les yeux vers les fenêtres du premier étage de cette maison d'angle, face à l'église de San Felice. Une plaque y rappelle une femme qui, de ces fenêtres, regardait passer l'histoire. Elizabeth Barrett et Robert Browning, deux grands poètes anglais du XIXe siècle, se sont installés ici en 1847, après un mariage secret et une fuite d'Angleterre digne d'un roman. Ils ont loué l'appartement de Casa Guidi, et ne l'ont plus quitté.
Elizabeth avait passé des années enfermée, malade, dans la maison d'un père tyrannique qui refusait que ses enfants se marient. À Florence, elle renaît. Leur fils naît ici en 1849, on l'appellera Pen. De sa fenêtre, Elizabeth assiste aux défilés, aux drapeaux, aux espoirs du Risorgimento. Elle en tire un long poème, Casa Guidi Windows, publié en 1851, où elle prend passionnément le parti de l'unité italienne.
Robert, lui, se promène dans les églises, et c'est là que notre fil artistique revient. Dans son recueil Men and Women, en 1855, il fait parler des peintres florentins: Andrea del Sarto, le peintre sans défaut à qui il manque l'élan, et surtout Fra Lippo Lippi, le moine peintre surpris la nuit dans une ruelle. Or Filippo Lippi avait prononcé ses vœux au couvent du Carmine, celui que tu viens de voir, et avait grandi à l'ombre des fresques de Masaccio.
Elizabeth meurt dans cet appartement le 29 juin 1861, dans les bras de Robert, quelques semaines après la mort de Cavour, qu'elle admirait tant. La ville de Florence fait poser la plaque, et l'écrivain Niccolò Tommaseo en compose le texte: il y parle d'un anneau d'or entre l'Italie et l'Angleterre. Elle repose au Cimetière des Anglais, de l'autre côté de la ville. Robert, inconsolable, ne reviendra plus jamais vivre à Florence.
Une dernière pensée avant de repartir: ces deux poètes ont vécu à quelques dizaines de mètres du palais où était née, presque trois siècles plus tôt, Marie de Médicis. Il est juste là, à l'est. Avance sur la grande place en pente, et laisse-toi écraser par la façade la plus massive de Florence.