Basilique Santo Spirito et le crucifix de Michel-Ange
Why is it significant?
Assieds-toi un instant sous les arbres de la Piazza Santo Spirito, la place la plus vivante de l'Oltrarno: marché le matin, terrasses le soir, enfants autour de la fontaine.
Key Facts
| Place | Basilique Santo Spirito et le crucifix de Michel-Ange |
|---|---|
| Address | Piazza Santo Spirito 30, 50125 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.76740, 11.24840 |
| Part of Walk | Florence, l'Oltrarno de Marie de Médicis : Masaccio, Pitti et les jardins de Boboli |
| Generated | Generated |
Assieds-toi un instant sous les arbres de la Piazza Santo Spirito, la place la plus vivante de l'Oltrarno: marché le matin, terrasses le soir, enfants autour de la fontaine. En face, la façade de la basilique est un simple écran crème, sans marbre ni statue, comme une feuille qu'on aurait oublié de remplir. Derrière ce mur modeste se cache l'un des intérieurs les plus parfaits de la Renaissance.
Le projet est de Filippo Brunelleschi, l'homme de la coupole du Duomo. Il imagine une forêt de colonnes de pierre grise, des proportions calculées comme une partition, et une couronne de chapelles qui fait tout le tour de l'église. On raconte même qu'il voulait la retourner pour qu'elle regarde l'Arno, avec une place descendant jusqu'au fleuve, mais que les propriétaires des maisons ont refusé. Brunelleschi meurt en 1446, le chantier à peine commencé, et d'autres terminent sans lui.
Dans la sacristie, il y a un crucifix de bois peint, petit, pâle, d'une douceur presque insupportable. Le Christ est nu, la tête penchée, le corps légèrement tordu. On l'attribue à Michel-Ange, qui l'aurait sculpté vers 1492, à dix-sept ans, pour le prieur du couvent. Pourquoi ce cadeau ? Parce que le prieur lui avait permis d'étudier les morts de l'hôpital du couvent. Le jeune sculpteur apprenait l'anatomie la nuit, à la lumière d'une chandelle.
Ce crucifix a disparu de l'histoire pendant des siècles, repeint, oublié. C'est en 1962 qu'une historienne de l'art allemande, Margrit Lisner, l'a identifié. Restauré, il a fini par retrouver sa basilique. Regarde-le de près, si tu entres: le visage ne souffre plus, il s'endort. C'est déjà Michel-Ange, mais un Michel-Ange encore tendre, avant les colosses et les colères.
Avant de partir, observe la foule de la place: étudiants, vieux du quartier, touristes perdus, tout le monde finit ici le soir. Puis traverse vers le sud-est et rejoins la Piazza San Felice, au bout de la Via Maggio. Au coin, une maison discrète porte une plaque en italien. Deux poètes anglais y ont vécu quatorze ans.