Borgo San Frediano : le quartier des artisans
Why is it significant?
Te voilà dans le Borgo San Frediano, et l'air change. Les palais ont cédé la place à des maisons plus basses, à des ateliers dont la porte reste ouverte sur un établi. Ça sent la colle, le vernis, le bois chaud.
Key Facts
| Place | Borgo San Frediano : le quartier des artisans |
|---|---|
| Address | Piazza di Cestello, 50124 Firenze FI, Italy |
| Geo Coordinates | 43.77000, 11.24400 |
| Part of Walk | Florence, l'Oltrarno de Marie de Médicis : Masaccio, Pitti et les jardins de Boboli |
| Generated | Generated |
Te voilà dans le Borgo San Frediano, et l'air change. Les palais ont cédé la place à des maisons plus basses, à des ateliers dont la porte reste ouverte sur un établi. Ça sent la colle, le vernis, le bois chaud. Devant toi, sur la Piazza di Cestello, la grande coupole de San Frediano in Cestello surveille l'Arno, et plus loin, au bout du Borgo, se dresse la Porta San Frediano, une porte de l'enceinte du XIVe siècle.
Pendant des siècles, ce fut le quartier des petites mains de la laine, celles qui faisaient la richesse de Florence sans en profiter: laveurs, teinturiers, cardeurs. Ils vivaient près du fleuve parce qu'il leur fallait de l'eau. De ce passé ouvrier est née une réputation: les Sanfredianini seraient les Florentins les plus frondeurs, les plus moqueurs, les plus fiers de leur rive. Ici, on dit encore « di là d'Arno », de l'autre côté de l'Arno, avec une pointe d'orgueil.
Et aujourd'hui ? Ce sont les artisans de l'art qui ont pris le relais. Dans ces ruelles, des doreurs posent la feuille d'or sur des cadres, des restaurateurs consolident des meubles anciens, des ébénistes, des encadreurs, des bronziers travaillent pour les musées et les antiquaires de la Via Maggio. Quand tu admires un retable dans une église florentine, il y a de bonnes chances qu'une main de l'Oltrarno l'ait un jour nettoyé ou consolidé.
Le quartier a aussi sa littérature. En 1949, Vasco Pratolini publie Le ragazze di San Frediano, les filles de San Frediano. C'est un roman tendre et cruel sur un séducteur du quartier et les jeunes femmes qui finissent par se liguer contre lui. Pratolini a fait de ces rues un décor populaire, bavard, solidaire, où tout le monde sait tout de tout le monde. Le cinéaste Valerio Zurlini en a tiré un film au milieu des années 1950.
Pour mesurer ce que la peinture doit à ce quartier, il suffit de faire quelques pas. Tourne le dos au fleuve, prends vers le sud, et rejoins la vaste Piazza del Carmine. Derrière une façade de pierre nue, jamais terminée, se cache l'une des chapelles les plus importantes de toute l'histoire de l'art.