Witches' Well, la fontaine des sorcières
Why is it significant?
Contre le mur, au bout de l'Esplanade, cherche une petite fontaine de bronze qu'on rate presque toujours: un serpent enroulé, deux visages, une plante aux clochettes.
Key Facts
| Place | Witches' Well, la fontaine des sorcières |
|---|---|
| Address | Castlehill, Edinburgh EH1 2NE, UK |
| Geo Coordinates | 55.94890, -3.19640 |
| Part of Walk | Édimbourg et la Vieille Alliance : le Royal Mile de Marie Stuart, du château à Holyrood |
| Generated | Generated |
Contre le mur, au bout de l'Esplanade, cherche une petite fontaine de bronze qu'on rate presque toujours: un serpent enroulé, deux visages, une plante aux clochettes. C'est le Witches' Well, le puits des sorcières, installé en 1894 pour se souvenir des femmes brûlées juste à côté, sur cette même colline.
Il faut le dire sobrement. En Écosse, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, plusieurs milliers de personnes ont été accusées de sorcellerie, et on estime qu'environ deux mille cinq cents ont été exécutées, en grande majorité des femmes. Le plus souvent, on les étranglait d'abord, puis on brûlait le corps. Castlehill était l'un des lieux d'exécution d'Édimbourg.
Et voici le lien qui dérange: la loi écossaise contre la sorcellerie date de 1563, sous le règne de Marie Stuart, la reine élevée à la cour de France. C'est le Parlement qui l'a votée, mais sous son règne. La vraie folie viendra avec son fils, Jacques VI. En 1590, rentrant du Danemark avec sa jeune épouse, il essuie des tempêtes terribles. On accuse des sorcières de North Berwick d'avoir voulu noyer le roi... et Jacques assiste lui-même à des interrogatoires. Il publiera même un traité sur les démons, la Daemonologie, en 1597.
Regarde maintenant les détails. L'artiste, John Duncan, a sculpté deux têtes: l'une malveillante, l'autre bienveillante. Le serpent, c'est à la fois le mal et la sagesse. Et la plante, c'est la digitale, poison mortel et remède pour le cœur. Le message est subtil: parmi ces femmes, beaucoup soignaient, connaissaient les plantes, et ont payé ce savoir de leur vie.
Il a fallu attendre longtemps pour qu'on leur rende justice. En mars 2022, la Première ministre d'Écosse, Nicola Sturgeon, a présenté au Parlement écossais des excuses officielles à toutes les personnes accusées et condamnées. Plus de quatre siècles après la loi de 1563. Maintenant, continue à descendre la rue, qui devient bientôt le Lawnmarket, et arrête-toi devant une haute maison de pierre avec des arcades au rez-de-chaussée.