Café Central dans le Palais Ferstel
Why is it significant?
Entre et lève la tête: des colonnes, des voûtes peintes, des lustres, une lumière dorée. On se croirait dans une église ou dans une banque, et ce n'est pas un hasard. Le Palais Ferstel, construit par Heinrich von Ferstel autour de 1860, abritait la Banque nationale et la Bourse.
Key Facts
| Place | Café Central dans le Palais Ferstel |
|---|---|
| Address | Herrengasse 14, 1010 Wien, Austria |
| Geo Coordinates | 48.21040, 16.36540 |
| Part of Walk | Vienne en musique et en cafés : de l'appartement de Mozart à la salle dorée du Musikverein |
| Generated | Generated |
Entre et lève la tête: des colonnes, des voûtes peintes, des lustres, une lumière dorée. On se croirait dans une église ou dans une banque, et ce n'est pas un hasard. Le Palais Ferstel, construit par Heinrich von Ferstel autour de 1860, abritait la Banque nationale et la Bourse. Le Café Central s'y installe en 1876.
Près de l'entrée, un monsieur moustachu est assis à une table, immobile. Ne lui parle pas, il ne répondra pas. C'est une figure du poète Peter Altenberg, qui passait ici une bonne partie de ses journées. On raconte qu'il donnait le Café Central comme adresse postale, tout simplement parce qu'il y était plus souvent que chez lui.
L'écrivain Alfred Polgar a écrit un texte entier sur la théorie de ce café, et son idée la plus célèbre, c'est que le Central est le lieu des gens qui veulent être seuls, mais qui ont besoin de compagnie pour ça. Toute la Vienne de 1900 tient dans cette phrase: des tables où l'on écrit, où l'on lit les journaux du monde entier sur des porte-journaux en bois, où l'on joue aux échecs pendant des heures.
Parmi les joueurs d'échecs, il y avait un Russe en exil, Lev Bronstein, qu'on connaîtra plus tard sous le nom de Trotski. La légende veut qu'un ministre autrichien, apprenant la révolution de 1917, ait lancé: et qui donc ferait la révolution en Russie ? Monsieur Bronstein, du Café Central ? L'anecdote est probablement trop belle pour être exacte, mais Vienne la raconte avec délice.
Les années de guerre ont emporté ce monde, et le café a longtemps fermé avant de renaître. Depuis 2011, la culture des cafés viennois figure à l'inventaire national autrichien du patrimoine culturel immatériel, tenu par la commission autrichienne pour l'UNESCO. Un mode de vie protégé, en somme, comme une langue rare. Pour continuer, redescends la Herrengasse vers le sud, contourne la place ronde au bout, et file vers la petite place Lobkowitz, tout près de l'Albertina.