Costurero de la Reina : le château miniature et la reine de dix-huit ans

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Devant toi, au bord du paseo de las Delicias, se dresse un petit château de conte de fées: des murs de brique et de pierre, des tourelles crénelées aux angles, des fenêtres en arc, le tout pas plus grand qu'une maison de gardien. C'est d'ailleurs ce qu'il était.

Key Facts

PlaceCosturero de la Reina : le château miniature et la reine de dix-huit ans
AddressPaseo de las Delicias s/n, 41013 Sevilla, Spain
Geo Coordinates37.37600, -5.99160
Part of WalkSéville verte : la Plaza de España et le parc de María Luisa, jardin d'un Français
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Devant toi, au bord du paseo de las Delicias, se dresse un petit château de conte de fées: des murs de brique et de pierre, des tourelles crénelées aux angles, des fenêtres en arc, le tout pas plus grand qu'une maison de gardien. C'est d'ailleurs ce qu'il était. On l'appelle le Costurero de la Reina, l'atelier de couture de la reine.

Il a été construit en 1893 par l'architecte sévillan Juan Talavera, justement pour abriter le gardien des jardins de San Telmo, l'année même où l'infante les offrait à la ville. Le style néo-mudéjar, ce mélange de brique, de géométrie et de souvenirs arabes, allait devenir la signature de toute l'Exposition de 1929. Ce petit pavillon en est un peu le brouillon.

Mais pourquoi « la reine » ? La légende raconte que la jeune Mercedes, fille des Montpensier, aimait venir ici coudre et jouer avec ses amies. Mercedes d'Orléans, petite-fille de Louis-Philippe, épouse par amour son cousin le roi Alphonse XII en janvier 1878. Elle meurt cinq mois plus tard, à dix-huit ans, et toute l'Espagne la pleure.

Tu vois le problème ? Mercedes est morte en 1878, et le pavillon a été construit en 1893. Elle n'a donc jamais pu y coudre quoi que ce soit. Peut-être la légende s'est-elle attachée à un pavillon plus ancien des jardins, ou peut-être les Sévillans ont-ils simplement donné son nom au plus joli bâtiment du coin. À Séville, quand une histoire est belle, on ne la laisse pas se faire gâcher par une date.

Ce coin de parc est aussi un bon endroit pour observer comment Forestier a travaillé. Il n'a pas rasé les jardins des Montpensier: il a gardé les grands arbres, les palmiers et les allées existantes, et il a glissé autour d'eux ses bassins, ses bancs de céramique et ses haies taillées. Un paysagiste qui respecte les arbres qu'il trouve, ce n'est pas si fréquent. Remonte maintenant vers l'avenida de María Luisa, au nord du parc, jusqu'à un grand édifice aux allures de palais baroque.

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