Hôtel Evropa : la façade aux figures dorées
Why is it significant?
Arrête-toi devant cette façade qui semble avoir été trempée dans du miel: des stucs en volutes, des balcons qui ondulent, des mosaïques, et tout en haut, des figures dorées qui se découpent sur le ciel au-dessus de la place.
Key Facts
| Place | Hôtel Evropa : la façade aux figures dorées |
|---|---|
| Address | Václavské náměstí 825/25, 110 00 Praha 1, Czechia |
| Geo Coordinates | 50.08210, 14.42720 |
| Part of Walk | Prague Art nouveau : de Mucha à la place Venceslas, la ville en coup de fouet |
| Generated | Generated |
Arrête-toi devant cette façade qui semble avoir été trempée dans du miel: des stucs en volutes, des balcons qui ondulent, des mosaïques, et tout en haut, des figures dorées qui se découpent sur le ciel au-dessus de la place. L'Hôtel Evropa est sans doute la façade Art nouveau la plus photographiée de Prague.
Il a été construit au tout début du XXe siècle, autour de 1905, par les architectes Bedřich Bendelmayer et Alois Dryák. Il ouvre sous le nom d'un archiduc des Habsbourg, ce qui sonne très chic en 1905... et beaucoup moins en 1918, quand la Tchécoslovaquie naît. Alors l'hôtel change de nom, puis change encore, et finit par s'appeler Evropa. En une seule façade, tu as l'histoire du pays: on garde le décor, on remplace l'enseigne.
Regarde le jeu des lignes. Rien n'est droit, rien n'est sage. Les ferronneries poussent comme des tiges, les fenêtres s'arrondissent, les ornements dorés prennent la lumière dès que le soleil tourne. L'Art nouveau voulait abolir la frontière entre l'architecture et l'objet: ici, la façade, les rampes, les lampes et les boiseries du café appartiennent au même rêve. À l'intérieur, le grand café avec ses miroirs et sa galerie a servi de décor à des générations de cinéastes en quête de Belle Époque.
Le rêve a pourtant mal vieilli. Nationalisé sous le régime communiste, l'hôtel a traversé des décennies de négligence, puis une longue fermeture, ses fenêtres ternies au milieu de la place la plus vivante de la ville. C'est le paradoxe de l'Art nouveau à Prague: il a survécu aux guerres parce que personne ne l'a bombardé, mais il a souffert de l'oubli, ce qui est parfois plus lent mais tout aussi destructeur.
Un dernier détail: l'Art nouveau ne s'appelle pas Art nouveau ici, mais secese. Et ses dorures ont longtemps été méprisées comme du kitsch bourgeois, avant d'être aimées de nouveau. Remonte quelques pas et prends la rue Jindřišská, puis tourne dans la petite rue Panská: dans un palais baroque t'attend l'homme qui a appris à Paris à dessiner les femmes comme des vitraux.