Musée Mucha : de Sarah Bernhardt à l'Épopée slave
Why is it significant?
Devant toi, la façade sobre du palais Kaunitz, une demeure baroque de la rue Panská: c'est ici que vit le souvenir d'Alfons Mucha, l'homme qui a donné son visage à l'Art nouveau.
Key Facts
| Place | Musée Mucha : de Sarah Bernhardt à l'Épopée slave |
|---|---|
| Address | Panská 890/7, 110 00 Praha 1, Czechia |
| Geo Coordinates | 50.08420, 14.42770 |
| Part of Walk | Prague Art nouveau : de Mucha à la place Venceslas, la ville en coup de fouet |
| Generated | Generated |
Devant toi, la façade sobre du palais Kaunitz, une demeure baroque de la rue Panská: c'est ici que vit le souvenir d'Alfons Mucha, l'homme qui a donné son visage à l'Art nouveau. Des femmes aux cheveux en volutes, des auréoles comme des rosaces, des fleurs partout... tu connais ces images, même si tu ne connaissais pas encore son nom.
Mucha naît en Moravie en 1860 et arrive à Paris en 1887, fauché, comme tant d'autres. Il vit de petites illustrations, de commandes modestes. Et puis, à la fin de décembre 1894, un coup de chance: l'imprimerie Lemercier doit livrer d'urgence une affiche pour Sarah Bernhardt, qui joue Gismonda au théâtre de la Renaissance. Les artistes vedettes sont en congé pour les fêtes. On confie le travail au jeune Tchèque disponible.
Le 1er janvier 1895, l'affiche apparaît sur les murs de Paris: une Sarah Bernhardt hiératique, presque byzantine, dans un format étiré, quasiment grandeur nature. On raconte que les Parisiens la décollaient la nuit pour l'emporter chez eux. La Divine signe avec Mucha un contrat de plusieurs années, et le style Mucha envahit les calendriers, les boîtes de biscuits, les bijoux, jusqu'à l'Exposition universelle de 1900. Petit secret d'atelier: une photo célèbre montre Paul Gauguin jouant de l'harmonium chez Mucha, à Paris... sans pantalon.
Pourtant, Mucha voulait autre chose que la gloire de l'affiche. Il revient en Bohême en 1910 et consacre près de vingt ans à l'Épopée slave, vingt toiles immenses sur l'histoire des peuples slaves. Pour la jeune Tchécoslovaquie, il dessine en 1918 les premiers timbres, puis des billets de banque. Et en mars 1939, quand les troupes allemandes entrent à Prague, il fait partie des premiers arrêtés et interrogés par la Gestapo. Affaibli, il meurt en juillet 1939, à 78 ans.
Le musée a ouvert en 1998, et c'est un endroit à taille humaine, loin des grandes salles solennelles... exactement comme Mucha aurait aimé être vu, de près. Redescends maintenant vers la place Venceslas et traverse-la: de l'autre côté, un passage couvert va te mener jusqu'à un cheval très... particulier.