Galerie Véro-Dodat : le passage des charcutiers

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Pousse la porte et entre: le sol en damier noir et blanc file en diagonale, les vitrines sont encadrées de bois sombre et de laiton, et au plafond, des toiles peintes alternent avec les verrières. Un pas, et tu viens de reculer de deux siècles.

Key Facts

PlaceGalerie Véro-Dodat : le passage des charcutiers
Address19 Rue Jean-Jacques-Rousseau, 75001 Paris, France
Geo Coordinates48.86280, 2.34020
Part of WalkParis sous verrière : passages couverts, Palais-Royal et galerie Vivienne
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Pousse la porte et entre: le sol en damier noir et blanc file en diagonale, les vitrines sont encadrées de bois sombre et de laiton, et au plafond, des toiles peintes alternent avec les verrières. Un pas, et tu viens de reculer de deux siècles.

La galerie a ouvert en 1826, et ses fondateurs n'étaient ni architectes ni banquiers, mais deux charcutiers enrichis, Véro et Dodat. Ils avaient flairé l'affaire: tout près se trouvaient les bureaux des messageries, d'où partaient et arrivaient les diligences. Des voyageurs attendaient leur voiture toute la journée... autant les faire patienter au sec, devant des boutiques. Le passage couvert, c'est d'abord une idée de commerçant.

Regarde bien le carrelage: les dalles sont posées en biais, et ce n'est pas pour faire joli. La diagonale trompe l'œil et fait paraître la galerie plus longue qu'elle ne l'est. Et c'est l'une des premières galeries de Paris à avoir été éclairée au gaz: le soir, quand les rues voisines étaient noires et boueuses, on venait ici rien que pour voir briller la lumière.

On raconte que la grande tragédienne Rachel, l'étoile de la Comédie-Française, a vécu ici dans les années 1840. Puis la mode a tourné. Le chemin de fer a tué les diligences, les grands magasins ont aspiré la clientèle, et la galerie s'est endormie pendant plus d'un siècle. Ce long sommeil l'a sauvée: personne n'a pris la peine de la moderniser, alors elle a gardé ses boiseries, ses ornements de cuivre et ses plafonds d'origine.

Aujourd'hui, des ateliers et des boutiques de créateurs y ont trouvé refuge, et la galerie a retrouvé un peu de son éclat. Sors par l'autre extrémité, rue du Bouloi, et rejoins la rue Saint-Honoré vers l'ouest. Au bout, sur une petite place, une bouche de métro couverte de perles de verre t'attend, devant la maison de Molière.

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