Cimetière de Montmartre : la ville des morts sous un pont

Why is it significant?

Descends les marches de l'entrée et lève tout de suite les yeux: un pont de métal passe au-dessus des tombes, avec ses voitures et ses passants qui ne voient rien. C'est la rue Caulaincourt, suspendue au-dessus du cimetière de Montmartre.

Key Facts

PlaceCimetière de Montmartre : la ville des morts sous un pont
Address20 avenue Rachel, 75018 Paris, France
Geo Coordinates48.88770, 2.33020
Part of WalkMontmartre secret : la Butte loin des foules, des moulins aux vignes de Paris
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Descends les marches de l'entrée et lève tout de suite les yeux: un pont de métal passe au-dessus des tombes, avec ses voitures et ses passants qui ne voient rien. C'est la rue Caulaincourt, suspendue au-dessus du cimetière de Montmartre. En dessous, à l'ombre des arbres, des chats dorment sur des chapelles de marbre, et le bruit de la ville arrive étouffé, comme à travers un mur de coton.

Pourquoi le cimetière est-il en contrebas ? Parce qu'il est installé dans une ancienne carrière. Pendant des siècles, la Butte a été creusée pour son gypse, qu'on cuisait pour faire du plâtre. Le fameux plâtre de Paris, c'était d'abord celui de Montmartre. Le cimetière ouvre en 1825 dans ce trou laissé par les carriers, au pied d'une colline qui ne faisait pas encore partie de Paris.

Dans les années 1880, la Ville veut prolonger la rue Caulaincourt tout droit... et tombe sur le cimetière. Plutôt que de le contourner, on décide de passer par-dessus. Le pont est inauguré en 1888, malgré les protestations des familles qui voyaient des piliers de fer plantés au milieu de leurs morts. Le compromis est sous tes yeux: des tombes collées aux piles du pont, comme si les défunts avaient refusé de céder la place.

Promène-toi sans plan, c'est la meilleure façon de faire des rencontres. Edgar Degas repose dans le caveau de sa famille. Stendhal, mort d'une attaque en pleine rue en 1842, est là aussi, tout comme Alexandre Dumas fils, Jacques Offenbach, ou le danseur Nijinski, assis en bronze dans son costume de Petrouchka. François Truffaut a droit à une simple dalle noire, et Dalida à une statue grandeur nature, devant un soleil doré. Émile Zola y a reposé aussi, avant d'être transféré au Panthéon en 1908: sa tombe vide est toujours là.

Et cherche l'épitaphe de Stendhal. Il l'avait écrite lui-même, en italien: Arrigo Beyle, Milanese. Henri Beyle, Milanais. Un Grenoblois qui se rêvait d'ailleurs, enterré sur la colline des artistes, c'est assez montmartrois. Ressors par l'avenue Rachel, monte vers la rue Caulaincourt et prends l'avenue Junot qui grimpe sur ta droite: on change de siècle et de style.

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