Place Congo et berceau rythmique des musiques afro-américaines
Why is it significant?
Vous vous tenez au centre de la clairière circulaire pavée de la Place Congo, officiellement reconnue par les musicologues, les historiens et les anthropologues du monde entier comme le berceau spirituel et rythmique fondateur de toute la musique américaine.
Key Facts
| Place | Place Congo et berceau rythmique des musiques afro-américaines |
|---|---|
| Address | 701 N Rampart St, New Orleans, LA 70116, United States |
| Geo Coordinates | 29.96280, -90.06800 |
| Part of Walk | Tremé, Place Congo et parc Armstrong : le berceau sacré du jazz afro-américain |
| Generated | Generated |
Vous vous tenez au centre de la clairière circulaire pavée de la Place Congo, officiellement reconnue par les musicologues, les historiens et les anthropologues du monde entier comme le berceau spirituel et rythmique fondateur de toute la musique américaine. Sous l'empire du Code Noir colonial français puis espagnol, les personnes asservies bénéficiaient du repos dominical; dès le milieu du dix-huitième siècle et jusqu'aux années 1850, des centaines d'Africains réduits en esclavage et de Créoles libres de couleur s'y rassemblaient chaque dimanche après-midi.
La Place Congo constituait une exception absolue en Amérique du Nord: alors que les colonies britanniques protestantes de Virginie et des Carolines interdisaient férocement tout rassemblement et tout tambour africain par crainte de révoltes, les autorités catholiques de La Nouvelle-Orléans toléraient ces réunions sous surveillance de la garde.
Sur cette esplanade de terre battue, des hommes et des femmes issus de multiples nations—Bambaras, Kongos, Yorubas, Fons et Wolofs—dressaient un marché hebdomadaire vendant vanneries, légumes du potager et beignets de maïs, formant des cercles concentriques autour de maîtres percussionnistes. Ils y façonnaient d'authentiques instruments ancestraux: tambours en troncs évidés tendus de peaux de mouton, calebasses garnies de graines, mâchoires d'ânes frottées de clés de fer et le banza à quatre cordes, ancêtre direct du banjo américain. Les danseurs y exécutaient la Bamboula, la Calinda et la Counjaille, transmettant les polyrythmies complexes, les chants à répons et les notes bleues de l'Afrique de l'Ouest. Au fil des générations, ces syncopes africaines fusionnèrent avec les marches militaires françaises, les fandangos espagnols et les cantiques catholiques pour donner naissance au jazz, au blues, au rhythm and blues et au rock contemporain.
Debout sur cette place sacrée où des cercles de tambours résonnent encore chaque dimanche à quinze heures précises, on frémit devant la puissance inaltérable de la résistance culturelle africaine. C'est d'ici que jaillit le fleuve musical qui submergea le monde entier.
Rejoignez la berge du lagon pour saluer le monument en bronze de Louis Armstrong.